TERRIBLE ACCIDENT SUR LA PLACE LOUIS XV
de cette économie publique, pour laquelle le Parlement ne cesserait de solliciter Sa Majesté et qui était si nécessaire pour la gloire de son règne et le bonheur de ses peuples (i>. » Louis XV, dont les libéralités envers M'^^Dubarry étaient si excessives, n'était pas disposé à accueillir ces remontrances, et les ministres n'en tinrent aucun compte.
Deux mois après, le 30 mai, lors du feu d'artifice tiré sur la place Louis XV, à l'occasion du mariage de l'archiduchesse Marie-Antoinette <^> , les mesures de police ayant été mal prises, cent trente-deux personnes furent écrasées (3). Le Parlement ordonna qu'il serait informé sur ce qui s'était passé, et son insistance hors de mesure à intervenir dans la recherche des causes de ce funeste événement, surexcita les passions populaires et contribua à indisposer le gouvernement. Nous touchons à une époque mémorable de la magistrature en France. D'une part la royauté, devenue sans grandeur et sans prestige, réclame sans cesse de nouveaux subsides pour faire face aux dépenses d'une cour fastueuse, dissolue et prodigue, d'autre part les Parlements, forts de l'opinion publique et jaloux du droit qu'ils ont acquis d'intervenir dans les affaires politiques, se coalisent et opposent une résistance opiniâtre, qui n'est pas toujours inspirée par le seul amour du bien public. Cette résistance irrite Louis XV, qui n'abandonne aucune des traditions du pouvoir absolu, et elle désapprend au peuple le respect de l'autorité.
Le clergé de France était assemblé en 1770. Avant de se séparer, il publia un Avertissement aux fidèles du royaume sur les dangers de Vincrédulité. Cet avertissement fut expédié avec une lettre circulaire à tous les diocèses de France, et le gouvernement invita le Par-
(1) Conseil secret, X 1?).8959. — (2) De Bastard. Les Pari, de Fr., 2.410. — (3) Conseil secret^ X 5 6.8959.