PROTESTATION DL PARLEMENT DE PARIS
dit d'Aguesseau, fut im coup de foudre qui fit plus de peur que de mal, et dont l'eifet ne dura presque pas davantage que le bruit qu'il avait fait'^^ » Son effet immédiat fut de priver le gouvernement du concours de la magistrature et de le mettre dans l'impossibilité de frapper des contributions nouvelles.
Le lendemain, le Parlement protesta contre ce qui s'était passé dans le lit de justice du 2Q août 1718. La résistance s'accroissant, le régent résolut de recourir à un coup d'Etat, comme aux jours de l'autorité la plus absolue. Les exempts des gardes enlevèrent de leurs maisons M. de Blamont, président de la quatrième Chambre des enquêtes, et MM. Fej'dau de Calendes et de Saint-Martin, conseillers en la Grand'Chambre. Le premier fut dirigé sur les îles d'Hyères, le second sur Oléron et le troisième sur Belle-Isle <^>. Ce coup d'autorité exaspéra le Parlement, et des remontrances furent adressées au roi. « Ce serait un grand malheur, dit le premier président de Mesmes au régent, si l'on enlevait au Parlement la liberté de délibérer sur les aiFaires qui se présentent, et de donner consciencieusement son avis. La vérité a tant de peine à parvenir jusqu'au trône, que ce serait en fermer absolument l'accès ^^'K » Le garde des sceaux répondit : « Le roi est obligé de faire respecter son autorité ; la conduite que tiendra son Parlement déterminera les sentiments de Sa Majesté à son égard *^-^'. »
Le Parlement éconduit cessa de rendre la justice et fit entendre des plaintes qui eurent un grand retentissement dans la société parisienne et dans les Parlements de province. Les avocats, sans en avoir été priés par le Parlement, délibérèrent de n'aller plaider nulle part, ni à la
(1) Œuvres de d'Aguesseau, 13.546. — (2) Me'm. de St-Simon, 17.170. — (3) Jobez, La Fr. sous Louis XV, 2.49. — (4) Journ. de Barbier, 1.18. — Mém. de St-Simon, 32.127