‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 113 sur 288 · EENVOI DU DUC DE CHOISEUL · texte numérisé non relu

EENVOI DU DUC DE CHOISEUL

responsabilité du désordre qu'il causait en interrompant le cours de la justice. Le roi refusa de l'entendre jusqu'à ce qu'il eût repris ses audiences. Jamais la résistance n'avait été aussi longue, ni engagée en de pareils termes.

L'opinion publique se préoccupait vivement de cet état de choses et, malgré les sarcasmes de Voltaire contre le Parlement'!', elle était peu favorable au gouvernement. Le triumvirat Maupeou, Terray et d'Aiguillon, qui s'appuyait sur la favorite*^), obtint le renvoi de^Choiseul, dont la disgrâce compta plus de courtisans que n'en avait connu sa puissance <3^. Il y eut une telle affluence de visiteurs à Chanteloup, que Versailles parut désert ; spectacle étrange, qui témoignait moins du génie du ministre que de l'abaissement de la royauté '■'^>. C'était là un des symptômes avant-coureurs d'une révolution politique dont les esprits clairvoyants étaient vivement frappés. Débarrassé du premier ministre, qui était le sotitien des parlementaires*^', Maupeou ne songea plus qu'à se défaire d'eux.

M""® Dubarry, instruite par ses habiles conseillers, avait fait placer dans ses appartements un beau portrait de Charles P*", par Van Dyck. « La France, répétait-elle souvent au roi, avec une familiarité triviale, la France, ton Parlement te fera aussi cotiper la tête <^M »

(1) Voltaire écrivait, le 28 décembre 1770, à d'Alembert : Les meurtriers du chevalier de La Barre ont donc pleuré ! Quoi, les bœufs tigres pleurent ! Ou ne juge donc plus de procès ? Les plaideurs sont réduits à la dure nécessité de s'accommoder sans frais. Corresp. de Voltaire, 23.33i. — (2j M"" Dubarry.

— (3) Le 24 décembre 1770. De Sismondi , Histoire des Français, 29.428. — (4) Bientôt il y eut une cour à Chanteloup et Versailles resta désert. Weber, Me'm., 1.104. — De Tocquevdle, Hist. phil. du règne de Louis XV, 2.465.

— (5) On dit que outre 1 1 peine qu'avait fait éprouver au roi l'opposition que le duc avait faite à l'élévation de M"° Dubarr\', on avait encore persuadé au monarque que le duc soutenait le Parlement dans sa résistance aux ordre de Sa Majesté, et que c'est là ce qui a accéléré sa chute. Lettre dépêche du 31 décembre 1770, de Mgr Giraud, nonce apostol. de Paris au cardinal Pallavicini. Theiner, Hist. du pont, de Clément XIV, 1.560. — (6) Guizot, Hist. de Fr. rac, 5.204.

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