‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 13 sur 288 · LE PRÉSIDENT LAMBERT DE VERNON · texte numérisé non relu

LE PRÉSIDENT LAMBERT DE VERNON

dit à cette époque « qu'on ne pouvait plus clouter du catholicisme de Law, puisqu'il établissait Vinquisition après avoir déjcà prouvé la transuhstantiation par le changement de l'argent en papier ^\ »

La délation, encouragée par l'appât du gain, devint un horrible métier. Un jour, le régent vit entrer chez lui le président Lambert de Vernon : « Je viens, dit-il, dénoncer à Votre Altesse Royale, un homme ayant cinq cent mille livres en or. » Le duc d'Orléans recula d\m pas : « Oh ! Monsieur le président, s'écria-t-il, quel vilain métier faites-vous là ? » « Monseigneur, reprit le président, j'obéis à la loi; mais que Votre Altesse Royale se rassure, c'est moi-même que je viens dénoncer, dans l'espoir de conserver au moins une partie de cette somme, que je préfère à tous les billets de banque (^\ » La nation pensait comme le président Lambert de Vernon. Quarante-cinq millions à peine rentrèrent à la Banque, on cachait partout l'or et l'argent.

L'ébranlement des idées et des mœurs, causé par l'agiotage effréné delarueQuincampoix, devint tel, que le comte de Horn, allié aux plus illustres maisons, assassina, dans un cabaret, un courtier pour lui voler les actions dont il était porteur. Le 22 mars 1720, des commissaires du Châtelet condamnèrent le comte de Horn à être roué. Toutes les grandes familles s'émurent, mais le régent déclara qu'il laisserait son cours à la justice. On demanda alors que la tête fût tranchée au comte, ce qui était moins infamant que le supplice de la roue. « L'infamie est dans le crime et non dans le supplice, » dit le régent, et il resta inflexible. Quatre jours après la perpétration de son

(1) Hénault, Ahr. chr., 347. —La raillerie se manifesta par des épigrammes : Lundi j'achetai des actioBS, 1 Mercredi je montai mon ménage, 1 Vendredi je fus au bal Mardi je gagnai des millions. I Jeudi je pris équipage, Et samedi à l'hôpital.

Jobez, La Fr. sous Louis XV, 2.146. — (2) Guizot, Hist. de Fr. rac, 5.16.

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