T74) LE PARLEMENT SOUS LOUIS XV
alors malade à Metz; en 1754, au moment de l'attentat de Damiens, le uomljre des messes demandées n'avait été que de six cents. 11 fut de trois seulement en 1774 (^'.
Sous le règne de Louis XV, qui fut aussi absolu que Louis XIV, le Parlement fut sans cesse en lutte avec le haut clergé pour faire triompher le principe de tolérance, avec les philosophes pour réprimer les témérités de la libre-pensée, avec le gouvernement pour résister au désordre des finances, ou maintenir les droits et l'indépendance de la magistrature. Plusieurs fois il suspendit le cours de la justice, deux fois il démissionna, trois fois il fut exilé, et enfin il fut supprimé et remplacé par le Parlement Maupeou. La résistance trop vive et trop opiniâtre des anciens parlementaires était devenue un embarras réel pour les ministres de Louis XV. Maupeou ne pouvant en triompher par la persuasion voulut la briser par la force. Il proposa quelques réformes judiciaires vivement désirées par l'opinion publique, et il supprima le Parlement de Paris.
Diversement jugées, aujourd'hui encore, les réformes judiciaires opérées en 1771 eurent le tort de venir avant leur heure et d'être confiées à des magistrats qui n'avaient ni le savoir, ni la vertu des anciens parlementaires*-'. Elles répandirent le goût des discussions politiques*-^) et firent concentrer sur un même but les etForts de la pensée et les hardiesses des doctrines. A la guerre religieuse, que les encyclopédistes regardaient comme terminée, succéda la guerre politique ; les pamphlets se multi-
(1) Hardy, Journ., 2.330. — (2) Dubédat, Le Pari. Maupeou, Recueil de l'Acad. de le'gisl. de Toulouse. 1876-74. — (3) Ce que le bouleversement opéré par Maupeou a produit de plus durable, c'est de répandre eu France le goût des discussions politiques. On ne se borna pas à parler d'administration et de finances, ou rechercha les droits de la nation, les bases de la monarchie, on discuta dans quels cas la résistance est permise. Droz, Hist. de Louis X VI, intr. 39 et suiv.