ATTAQUES CONTRE LA MONARCHIE
plièrent. On y attaquait les principes énoncés dans le préambule de l'édit de 1770. On niait que la royauté tmt de Dieu son autorité; que seule et sans partage, elle eût le pouvoir exécutif; négation d'autant plus aisée, remar- ■ quait Moirobert, « qu'elle se trouve écrite dans le cœur de l'homme *^\ » On déclarait, dans une brochure politique, « que le roi était fait pour les peuples, et non les peuples pour le roi'^^^ » Dans une autre, on établissait « que le roi et la loi recevaient leur autorité d'une même source, qui était l'unanimité des vœux de la nation » et que celle-ci « avait le droit de s'assembler de son propre mouvement » pour délibérer sur les alfaires de l'Etat ^^\ Enfin, on insinuait que les peuples avaient « le droit de résistance » contre les actes du souverain qui blessaient les lois fondamentales de l'Etat (^^
Ces attaques persistantes et ces doctrines hardiment affirmées portèrent aux institutions monarchiques et aux grandes existences parlementaires une atteinte dont ni les unes ni les autres ne purent se relever^^^. Pour détruire des abus, on avait détruit du même coup toutes les garanties, et il n'y avait plus de potivoir pondérateur entre le trône et le peuple'^'. Ce ftit le réstiltat le plus certain du coup d'Etat du chancelier Matipeou.
(1) Bachaumont, Mém., 21 addit. 120. — (2) Bachaumont, Mém., 24.S'01. — (3) Bachaumont, Mém.,2\ addit. 121 à 128. — (4) Bachaumont, J/é-'/W., 21 addit. 111. — Rocquain, L'Esprit révol. avant la Révol., 299. — (5) De Carné, Minist. du duc de Choiseul. Rev. des Deux-Mondes, iS5S, 868. —(6) Sorbier, Révol. de 1771. Revue de légist. 1S64. 549.