CHAPITRE YINGT-UNIÈME
RÉTABLISSEMENT DU PARLEMENT — SON OPPOSITION A TURGOT ,• A NECKER, A DE GALONNE
Comme Louis XV s'en était un jour vanté, dans son insouciance, la vieille monarchie finit avec lui. Aujourd'hui, un gouvernement qui durerait la vie d'un homme est un phénomène que nous ne connaissons plus. La mort de Louis XV fut accompagnée d'un sentiment de délivrance*^). Ce prince, qu'on avait pleuré mourant, à Metz, en 1744, eut pour oraison funèbre les reproches unanimes de la France, en 1774. Depuis longtemps, parsonégoïsme, son avarice et ses excès, dont il fut victime, il avait cessé d'être le Bien- Aimé. La nation, déchue de son influence à l'extérieur et entraînée à l'intérieur à la licence et à l'immoralité par les exemples des grands et les écrits des philosophes, aspirait à un ordre meilleur en politique et en morale. Le mouvement qui y portait tous les esprits était immense, et l'avènement du nouveau roi, dont les mœurs contrastaient si profondément avec celles de son aïeul, fut salué par les acclamations de la France entière, comme une promesse et comme une espérance.
L'austère décence succéda aux scandales éhontés, et l'éclat adultère des Pompadour et des Dubarry fut eifacé par la radieuse beauté de Marie- Antoinette, digne fille de Marie-Thérèse par la force de caractère, sinon par le
(,1) De Barante, Etudes historiques, 1.^97.