‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 139 sur 288 · T74) RÉDUCTION DES DÉPENSES DE LA COL'R · texte numérisé non relu

T74) RÉDUCTION DES DÉPENSES DE LA COL'R

de la justice par une longue possession, et qui, dès lors, ne présentent que des économies graduelles; il est enfin des dépenses qui tiennent à notre personne et au faste de notre cour : sur celles-là, nous pourrons suivre plus promptement les mouvements de notre cœur, et nous nous occupons déjà de les réduire à des bornes convenables. De tels sacrifices ne nous coûteront rien^ dès qu'ils pourront tourner au soulagement de nos sujets. Leur bonheur sera notre gloire, et le bien que nous pourrons leur faire sera la plus douce récompense de nos travaux. Voulant que cet édit, le premier émané de notre autorité, porte l'empreinte de ces dispositions et soit comme le gage de nos intentions, nous nous proposons de dispenser nos sujets du droit qui nous est dû à cause de notre avènement à la couronne. » Ces promesses solennelles inspirèrent l'allégresse générale, et tous les coeurs se livrèrent aux illusions de l'espérance.

Le cours de lajustice ne pouvant cesser, Louis XVI avait confirmé les Parlements nouveaux t^), et reçu à Versailles une députationdu Parlement Maupeou '^^ ; mais ce n'était là qu'une continuation des anciens usages, et il n'y avait rien à en conclure pour leur maintien définitif. La'France regrettait toujours ses anciens magistrats, et ceux qui leur avaient succédé, sans les remplacer, étaient tombés dans un profond discrédit, surtout depuis qu'ils avaient frappé de mort civile Beaumarchais, « que l'opinion publique portait en triomphe'^'. » Ce discrédit était à la fois l'arrêt de mort des tribunaux de Maupeou et l'éclatante apologie des grands corps judiciaires auxquels on les avait substitués, et dont l'opinion publique demandait la restauration comme un acte de justice ou au moins comme un bien-

(1) Le 10 mai 1774. Ane. lois, 23.2. — (2) Floquet, Le Pari, de Normandie, 7.4. —Le 5 juin 1774, Hardy, Journal, 2.355. — (3) Loménie, Beaumarchais et son temps, 1.442.

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