‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 155 sur 288 · DISCOURS DE SÉGUIER SUR LES CORVÉES · texte numérisé non relu

DISCOURS DE SÉGUIER SUR LES CORVÉES

client inattendu pour sauver les corvéables de la corvée et les privilégiés de l'impôt. Cet expédient consistait à faire construire et entretenir les routes par les soldats et à remplacer l'école des ponts et chaussées par le corps du génie. « Les peuples les plus anciens, les nations les plus sages, les Républiques les mieux policées, ont toujours employé leurs armées à l'établissement et à l'entretien des chemins publics. Les ouvrages faits par les gens de guerre ont toujours été les plus solides, et il existe encore en France des chemins construits par César lors de la conquête de la Gaule, etc. » Ce plan de réforme économique n'avait pour objet que de faire échec aux projets du ministre et de maintenir l'état de choses qui existait.

S'expliquant à son tour sur l'abrogation des règlements de police, relatifs aux approvisionnements de Paris, l'avocat général Séguier signala la liberté, en cette matière, comme ayant toujours été l'occasion ou la cause des plus grands désordres. « Abandonner la subsistance de la capitale aux spéculations des commerçants, c'est abandonner la certitude du présent pour un avenir incertain ; c'est s'exposer à manquer de nourriture pour les citoyens <^^. » Abordant ensuite la suppression des jurandes et des maîtrises, l'organe du ministère public soutint cet étrange système économique « que les gênes, les entraves et les prohibitions introduites par le régime des corporations, loin d'entraver le commerce de la France,

en faisaient la gloire, la sûreté et l'immensité que les

arts et métiers n'existaient que par les précautions salutaires des statuts et règlements sur les métiers, et que ces statuts n'avaient pas été faits sur la demande des marchands, des artisans, des ouvriers, mais sur les supplications des habitants des villes, que les arts enrichissaient; que donner d'ailleurs à tous la faculté de tenir magasin

(1) Ane. lois, 23,418.

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