T76) NECKER
d'installation, mais les appointements de sa charge'^'. Frappé de cette idée juste que l'opinion est à la fois l'instrument et le guide d'un ministre des finances, il prit pour règle invariable de conduite d'appeler la confiance par la publicité, de la conserver par la bonne foi. Il voulut de plus s'emparer de la popularité à un point tel qu'il pût prétendre à tout et défier la disgrâce ^^. Fondateur du crédit en France, il en a posé les bases, appliqué la théorie et révélé les secrets par une heureuse expérience. Ses plans peuvent se rapporter à deux chefs : en finances, la publicité des comptes, et en administration les assemblées provinciales. Il pourvut aux frais de la guerre d'Amérique, entreprise par les colons pour secouer la tyrannie maritime de l'Angleterre; il assura le paiement des titulaires de tous les services publics et fit face à toutes les dépenses de la cour par des réformes financières utiles et par des emprunts. C'était ajourner les difficultés mais non les résoudre.
Le premier emprunt, dont le succès fut le résultat de la confiance qu'inspiraient le désintéressement et les lumières du directeur général du Trésor, aurait été enregistré sans obstacle, si le conseiller d'Eprémesnil, qui s'était déjà trouvé en lutte avec Necker dans les affaires delà compagnie des Indes, n'avait élevé la voix contre l'enregistrement. Son opinion ne fut pas suivie, mais des observations furent insérées sur le registre de la Cour « contre la création des emprunts, qui étaient nécessairement le germe d'un impôt <^'. »
Turgot n'avait voulu recourir ni à l'emprunt, ni à l'augmentation d'impôt. Necker pensa que l'emprunt, basé sur la publicité et le crédit, sauverait la France d'une crise
(1) Dareste, Hist. de Fr., 7.41. — (2) Raybaud, Les dern. ferm. génér. Revue des Deux-Mondes , 15 septembre 1874, p. 290. — (3) Soulavie, Me'm. sur Louis XVI, 4.48.