‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 163 sur 288 · EMPRUNTS · texte numérisé non relu

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financière qui la menait inévitablement à la banqueroute. « Il pourvut, comme il le dit lui-même, sans impôt extraordinaire, aux besoins des années 1777 et 1778 '^i^. » La nouveauté, toutefois, de ce système, effraya. On redoutait les emprunts à cause de leur abus trop facile, et on soutenait qu'on n'avait pas le droit de grever l'avenir. Les partisans de Necker invoquaient l'exemple de l'Angleterre, les avantages du crédit public, et faisaient valoir qu'en augmentant le nombre des rentiers on augmentait celui des défenseurs du gouvernement et des gens qui craindraient un bouleversement. Cette étrange considération , qu'on invoque encore quelquefois de nos jours, n'a pas empêché de trop nombreuses révolutions en France.

L'établissement des administrations provinciales, que Necker déclara pompeusement propre à faire le bonheur du peuple, souleva de vives controverses et excita une énergique résistance des Parlements. Ces administrations se composaient, dans chaque province, de quarante-huit députés des trois ordres, dont douze nommés pour la première fois par le roi. Les trente-six autres étaient élus par les douze, et les renouvellements avaient lieu par fractions, sous la réserve de l'approbation royale. Ces députés étaient chargés de répartir l'impôt ordinaire, qui devait être invariable, et en surveiller la perception. Ils devaient, en outre, débattre et voter librement, tous les deux ans, l'impôt extraordinaire. Tout en présentant des avantages sous le rapport économique et la répartition plus exacte des impôts, ces assemblées étaient contraires à l'unité politique de la France. Elles nuisaient à la rapidité administrative et elles diminuaient le pouvoir des Cours souveraines, en faisant passer le pouvoir des mains de la magistrature aux mains des nobles, dont beaucoup relèveraient de la bourgeoisie et de l'Çglise. Aussi tous

(1) Soulavie, Mém. sur Louis XVI^ 4.69.

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