DE C.U.ONNE
dit im jour à une demande de la reine : « Si la chose est possible, Madame, elle est faite; si elle est impossible, elle se fera (i), » ne pouvait songer à rétablir l'équilibre des finances. Ses débuts, toutefois, furent d'un heureux augure. Lorsqu'il alla, selon l'usage, prêter serment à la Chambre des comptes, il prononça un discours où respirait le patriotisme le plus pur''^'. Il congédia du contrôle plusieurs commis dont les malversations étaient notoires*^'. Il rassura les Parlements contre les coups d'autorité*^'*', et il empêcha qu'on portât atteinte aux Etats de Bretagne (^\ 11 ouvrit, sous forme de loterie, un emprunt de cent millions, dans des conditions si séduisantes pour les prêteurs, qu'il obtint plus d'argent qu'il n'en avait demandé '?). Enfin il établit une caisse d'amortissement, au moyen de laquelle on devait en vingt-cinq ans, disait-il, éteindre toute la dette ('\
Plus digne d'être le héros des courtisans que le ministre d'un roi , il répétait sans cesse qu'on s'effrayait à tort. Il excitait la cour au luxe, en appelant la prodigalité une large économie^^*. Aussi il entra à pleines voiles dans le système qui consistait à beaucoup dépenser afin de paraître riche, et de pouvoir beaucoup emprunter (^). Il avait gagné la reine ; il se rendit à la fois agréable et nécessaire au roi. Pour lui, plaire était gouverner. Averti par le sort de Turgot et de Necker, qui étaient tombés par les courtisans. Galonné voulut se maintenir par eux. L'entraînement était général. Les financiers et les grands seigneurs l'appelaient le ministre modèle et les femmes répétaient avec ivresse : « C'est un
(1) De Sismondi. Hist. des Fr., 16.519. — ^'cber, Mé'rn., 1.301. — (2) De Bois-Lisle, Chambre des comptes, 723. — Rocquain, 409. — (3) Bachaumont, Me'm., 23.334. — (4) Ségur, MeYn., 2.18. — (5) Bachaumont, Mém., 24.82. — (6) Hardy, Journ., 6.14. — Besenval, 2.150. — (7) Ane. lois, 27.469. — Hardy, Journ., 5.495. —(8) Bailly, Histoire des finances, 2.252. —(9) Trognon, Histoire de France, 5.618.