ABUS DES ACQUITS DE COMPTANT
enchanteur ^1' ! » Il était contrôleur jusque dans la galanterie; il oifrait à une de ses maîtresses des bonbons dont chaque enveloppe était un billet de Caisse d'escompte (2). Des prodigalités excessives et de folles dilapidations eurent bientôt mis à sec les caisses de l'Etat. L'abus des acquits de comptant, des dépenses soustraites à la comptabilité régulière, dont il n'y avait aucun moyen de savoir la nature et la destination, fut porté à son comble'^) et compromit souvent tous les services, en détournant les fonds de leur destination spéciale. De Galonné, pour subvenir aux exigences du présent, acheva de dévorer l'avenir. Le déficit augmentait sans cesse et devenait inquiétant. Pour atténuer ses torts, de Galonné prétendit que le déficit remontait au-delà de son ministère. Necker se crut attaqué. Il se défendit et reçut un ordre d'exil. Son livre sur V administration des finances, dans lequel il démontrait, par des chiffres positifs, combien l'augmentation de la dette publique avait été considérable depuis sa retraite, fut avidement recherché. Dès la fin de janvier 1785 on en avait débité près de douze mille exemplaires'^'*'. Ge livre déchira les derniers voiles qui cachaient encore Varcanum imperii''^\ et Paris se remplit de calculateurs <^'.
Après avoir battu monnaie avec des créations d'offices dans les finances, le contrôleur général dut revenir aux idées de Turgot et de Necker. Il imagina un plan qui amalgamait les projets de ses devanciers et ne tendait à rien moins qu'à transformer l'administration du royaume. Il proposait de ramener à un principe uniforme la condition des provinces, d'anéantir les privi-
tl) Am. Renée, Louis X VI et sa cour, 275. — (2) Droz, Hist. du règne de Louis X VI, 1.309. — (3) Les acquits de comptant s'élevaient, en 1785, à plus de 136 millions. Bailly, Hist. des fin.. 2.266. — (4) Hardy, Journ., 6.53. — Sëgur, Mém., 2.66. — (5) Ségur, Mém., 2.66. — (6) Corresp. sec, 1.543.