‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 179 sur 288 · PLAN DE GALONNE · texte numérisé non relu

PLAN DE GALONNE

léges des nobles, d'étendre les charges de l'impôt à toutes les classes d'hommes et de biens, d'instituer des assemblées de paroisse, de district et de province, de supprimer les douanes, de proclamer la liberté du commerce des grains, etc. Par ce plan, les impôts étaient diminués de 30 millions, sans compter les 21 millions du troisième vingtième qu'on allait cesser de percevoir, et Galonné se flattait, en revanche, d'une augmentation de 115 millions dans les revenus^^). C'était le remaniement de la monarchie. Louis XVI, après avoir pris connaissance de ce plan, dit à de Galonné : « Mais c'est du Necker tout pur que vous me donnez-là. » « Oui, Sire, répondit le ministre, mais dans l'état des choses on ne peut rien vous offrir de mieux ^2) » Ainsi le mot fatal revenait toujours : les privilèges ! les abus !

En 1784(-^)et eu 1785 (-^^ il avait fallu forcer l'enregis-

(1( Martin, Histoire de France, 16.562. — Bailly, Histoire financière, t. ii. — (2) Trognon, Hist. de Fr., 5.627. — (3) Le 30 décembre 1784. Martin, Hist. de Fr., 16.546. — Le Parlement avait présenté des remontrances dans lesquelles on lit : a Sire, votre Parlement a l'honneur de supplier Votre Majesté de considérer que le produit de ses revenus ordinaires, celui des impôts et de toutes les ressources extraordinaires auxquelles on a eu recours pendant la guerre, aurait dû être sufiBsant pour acquitter les dépenses, et que le retour de la paix devait faire apercevoir le temps de leur acquittement. Votre Parlement ne peut voir sans étonnement que l'existence de ces dettes puisse servir de motif à un nouvel emprunt. Il est un moyen digne de la sagesse de V©tre Majesté, le seul qui puisse prévenir le dérangement total de vos finances, c'est de remédier aux abus qui produisent toujours l'obscurité et la confusion des dépenses. Le crédit et la facilité d'emprunts. Sire, ne sont que des ressources dangereuses, si au lieu d'être employées entièrement à libérer l'Etat de ses engagements, elles ne servent qu'à favoriser les dépenses superflues qui n'ont aucun objet d'utilité réelle. » — Le roi répondit : « Je m'occupe de mettre le meilleur ordre dans les dépenses des départements. Le Parlement doit savoir combien j'ai à cœur de soulager mes peuples et hâter le moment de diminuer les impôts ; je compte qu'il me donnera une nouvelle preuve de son zèle et de son attachement en procédant sans délai à l'enregistrement de mon édit. » Registres du Parlement, Cons. sec, S. X. 16.8922. — (4) Le 23 décemb. 1785. Martin, Hist. de Fr., 16.557. — « Sire, votre Parlement se trouve continuellement placé entre deux écueils : obligé par état de défendre les intérêts de vos peuples essentiellement liés à ceux de Votre Majesté, combattu par le désir

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