MAGISTRATS DE BORDEAUX MANDES A VERSAILLES
vernement répandit l'alarme non-seulement en Guyenne, mais dans tout le royaume. Mandés en corps à Versailles, les magistrats de Bordeaux s'y rendirent au nombre de quatre-vingt-seize. Arrivés à Versailles le 21 juillet 1786(^ ', le roi les réunit dans « une espèce de lit de justice » et fit enregistrer des lettres « interprétatives » qui détruisaient les premières, et dans lesquelles il reconnaissait le droit des propriétaires riverains soutenu par le Parlement*^*.
Le Parlement de Bordeaux n'avait pas encore regagné la province, que celui de Dijon, mis en fermentation au sujet d'un impôt illégalement établi, envoyait des députés porter des plaintes au roi'^L Puis après, celui de Besançon, à la suite d'une querelle avec l'intendant de la province, était mandé de nouveau à Versailles (-^l On ne rencontrait sur la route que magistrats venant se plaindre au roi de la violation des lois, ou recevoir de sa bouche le blâme de leur patriotique opposition <^^\
C'est au milieu de ces graves événements que des édits établissant de nouveaux impôts furent portés, dans le mois de décembre 1786, au Parlement de Paris, qui refusa « au nom du peuple » d'enregistrer ces « étrennes^^^ »
Le trésor était vide, le crédit anéanti. On s'attendait à un prochain lit de justice, lorsque l'esprit audacieux de Galonné lui suggéra la pensée de s'adresser à une assemblée de notables, ne doutant point qu'elle accueillerait avec empressement les innovations qui lui seraient présentées (~>. Cet exemple avait été suivi par Henri IV, et
(1) Corr. sec, 258. — (2) Rocquain, L'Esprit révol. avant la RévoL, 428. — (3) Bachaumont, Mém., 32.173. — (4i Bachauraoat, Mém., 33.411, décembre 1780. — (5) Rocquain, L'Esprit réool. avant la RéooL, 426. —(6) Journ. de Hardi/. — Corresp. sec, 2.89. — (7; Granier de Cassagnac, Hist. des causes de la re'vol., 1.187. — Dans un mémoire soumis au roi, de Galonné disait: Une assemblée de notables est le seul moyen de prévenir toute résistance parlementaire, d'en imposer aux réclamations du clergé et de fixer tellement l'opinion publique, qu'aucun intérêt particulier n'ose élever la voix contre le témoignage prépondérant de l'intérêt général. Soulavie, 6.120 à 132.