‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 199 sur 288 · FAIBLESSE DU GOUVERNEMENT · texte numérisé non relu

FAIBLESSE DU GOUVERNEMENT

un certain nombre d'entre eux, des erreurs funestes à des tendances sagement libérales. L'excitation, d'ailleurs, n'existait pas seulement entre les jeunes magistrats^ elle venait surtout du dehors. On supporte le gouvernement absolu lorsque sa fermeté donne la garantie du bon ordre ; or la royauté était débile, irrésolue, vacillante. Les Français se sentaient opprimés sans se sentir gouvernés, et ils applaudissaient aux résistances du Parlement, qui profitait de la faiblesse du gouvernement pour s'élever jusqu'à une intervention directe dans les affaires d'État.

Le palais était devenu le rendez-vous de la foule, qui attendait avec impatience le retour des membres de la Cour pour savoir d'eux les résolutions prises dans les assemblées générales. L'exigence de cette curiosité était devenue telle, que l'archevêque de Paris, ayant un jour refusé de la satisfaire, fut insulté publiquement. Les jeunes conseillers, au contraire, qui recherchaient la popularité, s'empressaient de faire connaître le résultat des délibérations, dont le secret, au moins momentané, leur était imposé par les convenances, non moins que par les règles de la compagnie. Ils recevaient, en échange de leur complaisance, des applaudissements qui les enivraient et les rendaient d'atitant plus absolus dans leur résistance, que le pouvoir l'était davantage dans sa politique. Ils subissaient ainsi le fatal effet de la popularité, dangereuse épreuve que le magistrat doit redouter entre toutes.

La prorogation du second vingtième n'avait pas conjuré le déficit. De Brienne, pour éviter des enregistrements successifs, devenus de plus en plus difficiles, revint aux emprunts. L'édit portant la création d'un emprunt de 420 millions, réalisable en cinq ans, avec promesse de convocation des Etats généraux avant 1792, fut présenté le 19 novembre 1787, dans une séance royale, tenue à

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