‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 200 sur 288 · SÉA>XE ROYALE DU 19 NOVEMBRE · texte numérisé non relu

SÉA>XE ROYALE DU 19 NOVEMBRE

Versailles, qui se transforma en lit de justice. Le roi avait ouvert la séance en disant : « qu'il ferait présenter deux édits : l'un portant création d'emprunts graduels et successifs pendant cinq ans, l'autre assurant une existence légale aux protestants. » S'expliquant ensuite sur la prière, déjà renouvelée par le Parlement, de la convocation des Etats généraux, le roi dit : « Que jamais il ne craindrait de se trouver au milieu de ses sujets, et qu'avant même toute provocation, il avait convoqué rassemblée des notables, mais qu'il ne voulait jamais admettre qu'on lui demandât avec indiscrétion ce que l'on devait attendre de sa sagesse et de son amour pour son peuple, dont les intérêts sont indissolublement liés avec les siens ^^). »

Le garde des sceaux de Lamoignon, qui voulait que la séance royale constatât la puissance du monarque et la soumission de la magistrature, développa le discours de la couronne et exprima « que Sa Majesté , assistant à la délibération des membres du Parlement, venait s^ environner avec confiance de leurs lumières et de leur amour ^ mais qu'elle était, à juste titre, mécontente du refus opposé à sa volonté, sous prétexte de l'insuffisance des pleins pouvoirs qu'elle leur avait concédés pour l'octroi des impôts. » Il exposa nettement les principes sur lesquels reposaient alors la société et l'ordre politique en France. « Le roi, dit-il, n'est comptable qu'à Dieu seul de l'exercice du pouvoir suprême ; le lien qui l'unit à la nation est indissoluble par sa nature, etla nation a intérêt que les droits de son chef ne souffrent aucune altération. Enfin, le pouvoir législatif réside, sans dépendance et sans partage, dans la personne du roi, chef souverain de la nation ^^^ » Répondant au désir exprimé d'une convo-

(1) Soulavie, Jfe'm. sur Louis XVI, 6.181. — Arch. de la nat., Cons. sec, S. X. 16.8987. — Cahiers des Etats gén., iutr. 264. — (.2) Cahiers des Etats gén., intr. 265, — Gabourd, Hist. de Fr., 18.52.

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