‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 204 sur 288 · REFUS DE MISE EN LIBERTÉ DE DEUX MAGISTRATS · texte numérisé non relu

REFUS DE MISE EN LIBERTÉ DE DEUX MAGISTRATS

de mon sang, mon Parlement doit comprendre que j'ai de fortes raisons. J'ai puni deux magistrats dont j'ai dû être mécontent (^\ » C'était la formule de l'absolutisme pur. L'opinion publique environna de sa faveur ceux que la cour punissait de leur résistance à ses volontés^ et elle considéra comme autant de martyrs de la cause du peuple les magistrats qui résistaient au despotisme ministériel.

A la même date du 22 novembre 1787, défenses furent faites à tous les pairs de prendre part aux séances du Parlement. Les pairs protestèrent en disant « que leur droit de siéger au Parlement ne pouvait être suspendu, soit par des ordres formels, soit par la certitude de déplaire à Sa Majesté , qui est plus forte que tous les ordres. » Le roi leur permit de siéger'-^ au Parlement , en leur exprimant le désir qu'ils ne prissent point part aux séances <'^). Les pairs qui avaient refusé de se conformer à un ordre du roi s'empressèrent de déférer à son désir. Le Parlement, au contraire, fort de l'opinion publique, renouvela*^'*) ses réclamations en disant : « Que les arrestations ordonnées par le roi n'étaient pas compatibles avec les principes de la monarchie , qu'une des

règles de justice était de ne condamner personne sans l'entendre; qu'elle était de tous les temps, de tous les lieux, que c'était le devoir de tous les hommes, et que Sa Majesté permettrait de lui représenter que ce devoir l'obligeait autant que ses sujets, mais que Sa Majesté n'avait pas même à le remplir, et que c'était ici que son Parlement aimait à lui rappeler son plus beau droit, celui de faire grâce aux criminels condamnés. Les condamner elle-même n'est pas une des fonctions de Sa Mali) Sallier, Ann. franc., 133. — Cahiers des Etats généraux, intr. 270. — (2) Le 7 décembre 1787. — (3) Desmaze, Le Pari, de Paris, 322. — (4) Le 8 décembre 1787.

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