‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 214 sur 288 · L\ COUR PLÉNIÈRE DEVIENT LOBJET DU RIDICULE · texte numérisé non relu

L\ COUR PLÉNIÈRE DEVIENT LOBJET DU RIDICULE

Les actes maladroits et violents du ministère avaient aliéné tous les coeurs. On ne s'occupait que des abus du régime arbitraire et on en voulait l'abolition à tout prix(i>. L'édit sur la Cour plénière avait soulevé l'indignation générale, et elle eut à subir l'épreuve redoutable du ridicule, qui conduit au mépris et du mépris à l'insubordination. En parcourant la liste des membres de la Cour plénière, quelqu'un s'était écrié : « Eh mais, c'est un lever du roi <^^', » le mot était juste et il fut répété. Personne ne prit au sérieux le contrôle de cette Cour, et on se rejeta sur celui des Etats généraux, comme le seul possible et efficace.

Tandis qu'on publiait contre le premier ministre un ouvrage ayant pour titre : La Cour plénière, héroï-tragicomédie, jouée par une société d'amateurs dans un château aux environs de Versailles, par M. l'abbé Vermond, lecteur de la reine; à Paris, chez la veuve Liberté, à l'enseigne de la Révolution, 1788; des vaudevilles, des 'pamphlets, des chansons d'une verve satirique se répandirent à la cour, dans les salons, dans les lieux de réunion publique (•^>. Les esprits s'échaulfèrent de plus en plus et tout annonça l'approche d'une tempête *^^^.

Le Chàtelet, malgré l'importance nouvelle que lui donnaient les édits, déclara qu'il ne les enregistrerait pas. Les avocats refusèrent de paraître à la barre, et les pro-

(1) De Tocqueville, Coup d'ceil sur le règne de Louis XVI, p. 276. — (2) Journ. des e've'nem. du mois de mai 1788. — (3) Comme en 1771 , dit Hardy, Journal , 7.443, le public avait forcé, le 16 mai 1788, le célèbre acteur Larive à répéter les quatre vers suivants, de la tragédie de d'Osphanis, par Blin de Saint-Mor, donnée pour la première fois au Théâtre-Français :

Le dessein du tyran n'est que trop avéré, Regardez le palais de gardes entouré !

De projets destructeurs ses ministres complices Sèment partout l'exil, la terreur, les supplices.

— (4) Tissot, Hist. de la révol. fr., 1.311.

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