‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 219 sur 288 · PROTESTATIONS DES PARLEMENTS · texte numérisé non relu

PROTESTATIONS DES PARLEMENTS

rigueur que les ministres employaient pour vaincre la résistance augmentaient son énergie. Le moment présent était des plus critiques, et l'avenir n'était pas moins eif rayant.

A Aix, lorsque les édits eurent été lus au Parlement et que le moment fut venu de requérir, l'avocat général de Galissam déclara formellement « empêcher pour le roi, pour son autorité, pour le bien de la patrie, » l'enregistrement de l'édit relatif à la Cour plénière ^^K Dans la Bretagne, douze cents gentilshommes signèrent un mémoire contre les édits, contre la violation des lois et contre l'exil du Parlement de Rennes. Douze députés, chargés de rem^ettre ce mémoire à Louis XVI, furent envoyés à la Bastille. Les gentilshommes bretons dressèrent un second mémoire et firent partir dix-huit nouveaux députés, qui furent bientôt suivis de cinquante autres, chargés de réclamer la liberté de tous les Bretons exilés ou emprisonnés et le rétablissement du Parlement.

Dans le Dauphiné , les édits avaient été enregistrés militairement, et le Parlement, malgré l'ordre souverain qui le congédiait, se réunit chez M. de BéruUe^, son premier président, et rédigea une protestation violente. Le duc de Clermont-Tonnerre , gouverneur du Dauphiné , crut devoir intervenir par la force pour faire partir les magistrats. Les paysans, appelés par le tocsin, qui retentit de clocher en clocher dans les montagnes, envahirent l'hôtel du gouverneur et menacèrent de pendre le duc de Clermont-Tonnerre au lustre de son salon s'il ne leur livrait pas les clés du palais de justice. Le gouverneur dut céder , et ce furent les magistrats réintégrés qui calmèrent les esprits.

La sédition apaisée , le Parlement adressa une lettre au roi pour lui signaler qu'on ne viole jamais les lois

(1) Cabasse, Essais hist. du Pari. d'Aix, 3.449.

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