‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 220 sur 288 · ASSEMBLÉE DES TROIS ORDRES A VIZILLE · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE DES TROIS ORDRES A VIZILLE

sans péril ^^\ et ensuite chacun de ses membres s'empressa de déférer à l'ordre de Sa Majesté en quittant secrètement Grenoble.

Les Dauphinois ne s'en tinrent pas à la protestation armée du 7 juin, une Assemblée, composée des trois ordres, se réunit successivement à l'Hôtel de Ville et au château de Vizille, pour demander les anciennes libertés de la province, c'est-à-dire le maintien du Parlement et le rappel des Etats supprimés par Richelieu. Elle ajouta, sur la proposition de Meunier, juge royal à Grenoble, renommé par la droiture de son caractère et l'étendue de son esprit, que si les anciennes libertés devaient être modifiées et revêtues des formes nouvelles, ce ne pouvait être qu'avec le concours des trois ordres et le vote préalable des Etats généraux. Enfin, elle émit l'avis que, dans les Etats soit provinciaux, soit généraux, tous les députés devaient être élus, le Tiers avoir une représentation double et les votes se compter par tête. Le gouvernement, mis dans l'impossibilité de paralyser le mouvement national, se borna à en demeurer le tranquille spectateur.

Dans le Béarn, le peuple força également le commandant à laisser les magistrats remonter sur leurs sièges. Les nobles rédigèrent une adresse au roi et ils exprimèrent au duc de la Guiche, que l'on avait envoyé pour calmer les esprits, « qu'ils n'étaient point des rebelles, qu'ils réclamaient l'exécution de leur contrat et la foi des serments d'un roi qu'ils aimaient. Qu'il tienne tout de notre amour, ajoutaient-ils, et rien de la force. Notre sang est à lui et à la patrie. »

La noblesse de la Franche-Comté réclama les anciens Etats de la province dans les formes et conditions où on les convoquait avant la réunion du pays, en 1676. La

(1) Lettre du 9 juin 1783. Ane. lois , 18.182. — Evén. de Grenoble, in-8, 4 pages. — Dufey, Rist. des Pari., 2.502.

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