‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 222 sur 288 · VÉRITABLES AUTEURS DE LA REVOLUTION · texte numérisé non relu

VÉRITABLES AUTEURS DE LA REVOLUTION

lettres contre les privilégiés, pour briser leurs résistances^^^? faut-il ajouter également que les premières manifestations de l'esprit révolutionnaire furent l'œuvre de la royauté et non celle des écrits des philosophes ou des efforts des démocrates, et que Louis XVI corrompit l'opinion publique et appela le peuple à la sédition pour organiser la révolution ou lui donner le branle *^^>? Cette appréciation de quelques actes irréfléchis de Brienne et de quelques publications inspirées par lui, nous paraît exagérée. On ne saurait admettre, sans de nombreux et irréfragables témoignages, que Louis XVI, si réservé, si timide, ait eu la pensée de faire de l'émeute un moyen de gouvernement, et de recourir aux philosophes, dont il avait dit, en parlant de Voltaire et de Rousseau : « Ces deux hommes ont perdu la France, ils lui ont arraché sa foi<3). » Il fut dans la destinée de ce prince d'être l'adversaire irrésolu et la victime de la révolution, mais non d'en être le promoteur.

En prescrivant des recherches sur le mode de réunion des Etats généraux et en invitant les écrivains et les corps savants à donner leur avis^ sur cette grave question, la royauté commit sans doute une faute dont les conséquences n'échappèrent pas aux esprits clairvoyants. Il était impossible d'imaginer un moyen plus actif pour échauiîer les têtes et pour soulever les passions rivales ^^K C'était décréter la liberté de la presse sur le sujet que la France avait le plus à cœur. Nombre d'écrivains traitèrent la question chacun à leur manière et dans des systèmes opposés'^*, mais Louis XVI, en cédant aux conseils

(1) Granier de Cassagnac, Hist. des causes de la révol. fr., 2.301. — i2) Grailler de Gassagnac, Hist.des causes de la révol. fr., 2.307. — (3) De BastarJ, Les Pari. 2.7, note 4.— (4) Le5 juil. 1788. ^nc. tois, 28.601. — Duvergier, Coll. des lois, 1.2. — (5) Droz, Hist. du règne de Louis X. VI, 2.61. — Sallier, Ann. fr., 192. — C'était mettre les intérêts de l'Etat à la merci des opinions. Fiévée, Des opin. et inl. pendant la révolution, 172. — (6) Morellet, Mém., 1.330.

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