RENVOI DE BRIENNE
rer^^^, au milieu du soulèvement universel qu'il avait provoqué et qu'il ne savait ni apaiser, ni réduire. De Galonné avait détruit le crédit par ses prodigalités, et de Brienne, en voulant le rétablir par la force, détruisit l'autorité (^'. Jamais la pénurie des finances n'avait été aussi extrême.
Dans cette situation, de Brienne donna sa démission au roi et conseilla de rappeler Necker, comme le seul homme qui pût rétablir les finances''^'. C'était le voeu du pays. Louis XVI, quoique blessé de la manière dont le banquier genevois s'était retiré, en 1781, en prenant le public pour juge, céda à la nécessité et se résigna. La reine écrivit une lettre affectueuse'^' à Necker, et il accepta. Son retour fut salué par de vives acclamations de joie. La confiance inspirée par le nouveau ministre fut telle que les fonds publics montèrent de trente potir cent, et que les difficultés les plus pressantes furent écartées. La vigilance et le crédit de Necker firent plus encore : ils aidèrent la France à vivre pendant les jours de crise qtii séparèrent Tancien régime de la Révolutions^', dont on n'approchait plus"^', mais à laquelle on touchait'*'.
Le garde des sceaux de Lamoignon essaya de se maintenir en place , mais il ne tarda pas à partager le sort de de Brienne'^', et les bienfaits de la cour adoucirent la chtite de ces deux ministres. De Brienne obtint le chapeau de
(1^ Le 24 août 1788. Thiers, Hist. de la révol. fr., 1.11, — Granier de Cassagnac, Hist. des causes de la re'ool. fr., 2.297, — (2) Migiiet, Hist. de la révol. fr., introd. 31. — (3j Montgaillard, Hist. de Fr., 1.429. - (4) De Lacretelle, Hist. de Fr. au xviii' siècle, 6.266. — (5) Martin, Hist. de Fr., 16.615. — (6) Rousseau avait dit : « Nous approchons de l'état de crise et du siècle des révolutions. » Emile, t. ii, p. 99, édit. 1780. — (7) Voltaire avait écrit : <- Tout ce que je vois jette les semences d'une révolution qui arrivera immanquablement , et dont je n'aurai pas le plaisir d'être le témoin La lumière s est
tellement répandue de proche en proche qu'on éclatera à la première occasion, et alors ce sera un beau tapage. Les jeunes gens sont bien heureux, ils verront bien des choses. » Voltaire, Lettre à M. de Chauvelin, 22 avril 1762. Corresp. géaér., 7.305, édit. Kehl. - (8) Le 14 sept. 1788. Intr. au Mon. univ., 113.