AMBITION DU PARLEMENT
bliques lorsqu'il décéda subitement à Versailles'^), laissant après lui la mémoire de grands vices mêlés à des qualités estimables, et une incontestable habileté dans les affaires. Il avait su employer dans une juste mesure ce qu'il fallait de douceur, de prudence et de fermeté, pour contenir les mécontents, pour réprimer les factieux. Il lui manqua, toutefois, deux choses que rien ne remplace, le sentiment du devoir et l'énergie de la volonté '2>. « Jamais prince n'a été en butte à autant de calomnies ; c'est le châtiment de ceux qui s'affranchissent des convenances et affichent l'immoralité dans la vie ; la société leur rend en mépris ce qu'ils lui enlèvent en exemples ^^>. »
La mort du régent excita peu de regrets, mais elle réveilla l'ambition du Parlement qui, d'après Saint-Simon, « ne se contraignit pas d'être délivré d'un gouvernement auquel après avoir arraché tant de choses, il ne se consolait point de n'avoir pas tout emporté et de n'avoir pas changé son état de simple Cour de justice en celui de Parlement d'Angleterre ^^K » Cette ambition du Parlement et les abus de puissance du gouvernement amenèrent des luttes qui devinrent fatales aux deux pouvoirs.
(1) Le 2 décembre 1723. Hénault, Abr. chron., 351, — Journ. de Barbier, 1.306. —Méni. deSt-Simon, 20.443. — (2) De Sismondi, ^^s^ des Fr., 27.485. — (3) Capefigue, Phil. d'Orléans, 16. — {i) Me'm. de Saint-Simon , 38.257