‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 24 sur 288 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

RÔLE DU PARLEMENT SOUS LES MINISTÈRES DU DUC DE BOURBON ET DU CARDINAL FLEURY

Après la mort du régent, le duc de Bourbon fut fait premier ministre, sur l'indication de l'évêque de Fréjus, Fleury, ancien précepteur du roi. Le nouveau chef du gouvernement, loin de suivre l'exemple de son prédécesseur, qui avait eu le mérite de séparer toujours les faiblesses de sa vie privée des devoirs de sa vie publique , imposa sans hésiter à la France, les volontés et les caprices de M""® de Prie'^\ Il signala son administration par un acte qui renouvelait et aggravait toutes les mesures de rigueur ordonnées par Louis XIV contre les protestants.

La déclaration du 14 mai 1724 raviva les haines, et le Parlement ne fit rien pour les prévenir : il enregistra l'acte royal sans remontrances*^^). Ces rigueurs sont d'autant plus étranges qu'à cette époque, suivant la remarque de M. de Carné, « la religion était reléguée, pour ainsi dire, dans la conscience privée. Il s'était établi une sorte d'opposition entre les prescriptions de l'honneur et celles de la morale, et l'on pouvait remplir tous ses devoirs envers la société sans en remplir aucun envers la religion ^^K »

(1) De Carné, De la monarchie de Louis XV. Revue des Deux-Mondes, 1858, p. 809. — (2) Ane. lois, 21.261. — De Tocqueville, Hist.phil. du règne de Louis XV, 2.299. — (3iDe Carné, Vues sur l'hist. contemp., 1.44

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