SÉANCE ROYALE
cernant le maintien de l'ancienne distinction des trois ordres, qu'il tint pour non avenue quatre jours plus tard, exprima des plaintes et déclara « que si on l'abandonnait, il ferait seul le bonheur de sonpeuple^^'. » Il cassa ensuite, comme illégale et inconstitutionnelle, la délibération du 17, et ordonna aux députés de se retirer et de se réunir le lendemain dans leurs chambres respectives <^2'.
Le Tiers-Etat resta en séance, et Mirabeau répondit au marquis de Dreux-Brézé, grand maître des cérémonies, qui vint rappeler l'ordre du roi : « Allez dire à ceux qui vous envoient que nous sommes ici par la volonté du peuple, et que nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes. » Sieyès ajouta : « Nous sommes aujourd'hui ce que nous étions hier, délibérons. » L'Assemblée déclara persister dans tout ce qu'elle avait arrêté précédemment, et elle décréta immédiatement l'inviolabilité des députés. Le roi et les privilégiés cédèrent. La réunion des trois ordres eut lieu le 27 juin, et Bailly put dire : « La famille est complète; nous pourrons nous occuper sans relâche et sans distraction de la régénération du royaume et du bonheur public ^^'. » Cette réunion des trois ordres ne satisfit pas les agitateurs. Les dispositions de la multitude et l'influence de ses meneurs ne tardèrent pas à inquiéter Louis XVI. Les décrets de l'Assemblée, qu'il n'acceptait souvent que malgré lui, le blessaient dans son autorité comme roi et dans sa conscience comme chrétien. 11 s'efforça en vain d'échapper à la pénible situation qui lui était faite .
Nous n'avons pas à rappeler les changements considérables apportés par les Etats généraux, transformés en Assemblée constituante, dans l'organisation judiciaire, dont la réforme était demandée par tous les cahiers, tant
(1) Rivarol, Mém., 24. — (2) Panel, fr., p. 52. — (3) Thiers , Hist. de la révol. fr., 1.24.