LE PARLEMENT A PERDU TOUTE INFLUENCE POLITIQUE
cette réforme (^^ était tout ensemble le besoin et le désir ardent du pays. Nous devons nous borner à indiquer comment le Parlement de Paris, alors composé de 230 membres *'2), fut supprimé le 7 septembre 1790^^^, aux applaudissements du peuple. Depuis que cette Cour souveraine de justice avait rejeté les édits de la corvée, de la subvention territoriale, des écrits, inspirés par le ministère, signalaient les magistrats comme s'étant constitués les défenseurs des privilèges de la noblesse et des leurs propres contre le peuple; comme s'opposant à toute innovation et amélioration. « Les lumières pénètrent tard dans les corps de magistrature, disaient ces écrits, parce que ces corps sont comme ces salles antiques où ils s'assemblent, où le grand jour n'arrive qu'à midi et lorsque le pays est tout éclairé depuis le matin (■*'. »
De son côté, la nation en défiance regardait de plus près l'organisation judiciaire, qui lui offrait beaucoup à redire. Si elle était frappée des abus des épices qui faisaient courir le sac^^^ par les vieux conseillers, elle ne l'était pas moins de la vente des charges, qui avait lieu aux enchères jusque dans la grande salle du palais et permettait « à des adolescents de passer de la férule à la pourpre *^^\ » De là ces vers d'un pamphlet de 1788, qui montre Des enfants annoblis Bu collège en un saut volant aux fleurs de lys G\
(1) Cette réfoi'me comprenait la suppression des justices administratives et seigneuriales, la diminution des degrés judiciaires, la suppression de la vénalité des charges et une distribution meilleure des tribunaux. Les magistrats devaient être nommés par le roi sur des listes de candidats dressées par les Etats provinciaux ; ils devaient être inamovibles. Les juges de paix devaient être élus par les justiciables, comme les prud'hommes. Les cahiers demandaient aussi l'unité de législation, l'adoucissement des lois pénales et l'égalité des peines.
— (2) De Bastard, Les Pari, de F)\, 1.16L — (3) Lepec, Bulletin des lois, 2.275. — (4) Floquet, Hist. du Pari, de Normandie, 7.346. — (5) On appelait courir le sac, demander à être rapporteur des affaires dont les pièces étaient placées dans des sacs. — (6) De La Bruyère, Be quelques usages, ch. xiv.
— (7) Lepot aux roses découvert et le Pari, démasqué. Satire, 1789, in-8.