LOUIS XVI ET RÉVEILLON
léans<^'. Le roi se fit un devoir d'indemniser Réveillon de ses pertes^ mais il ne vit pas que Paris était devenu un foyer d'incendie facile à enflammer.
L'inaction du Parlement, dans cette circonstance, lui a été justement reprochée par l'auteur de V Histoire du Parlement de Normandie, qui rappelle qu\in plan fut concerté à cette époque entre la minorité de la noblesse et les Parlements, pour dissoudre l'Assemblée nationale et donner au roi les moyens de combler le déficit '^■2'. Des députés du Parlement de Paris, présentés secrètement au roi par le garde des sceaux, lui avaient proposé ces moyens désespérés, que repoussa sa loyauté ou dont s'effraya sa faiblesse *^^
A la date du 9 juin 1789, on trouve sur le registre du Conseil secret du Parlement la relation de l'assistance des magistrats aux funérailles du dauphin et, après la prise de la Bastille^-*', qui ne fut pas seulement une révolte, mais une révolution, le procès-verbal du 16 juillet constate que l'audience n'a pu s'ouvrir faute d'avocats. Le bannissement de Necker® et la présence des troupes autour de Paris avaient été les prétextes de l'agitation de Paris, qui avait amené la journée du 14 juillet. Sur la demande de l'Assemblée nationale <^^*, Louis XVI consent au retour de Necker et à l'éloignement des troupes dont la présence, disait-on, irritait le peuple et menaçait la
(1) De Besenval, Mém, , 2.348. — Anquetil, Histoire de France, 13.254. — (2) Floquet, Hist. du Pari, de Normandie,!. 411. — (3) Droz, Hist. du règne de Louis XVI, 2.225. — (4) Le 14 juillet 1789. — (5) La nouvelle du renvoi de Necker avait excité une grande fermentation dans Paris. Son buste et celui du duc d'Orléans avaient été promenés dans la ville, et des scènes sanglantes, qui avaient eu lieu sur la place Louis XV et dans le jardin des Tuileries, avaient augmenté l'effervescence. Ces scènes déplorables avaient eu lieu le 12 juillet. La journée du 13 avait été employée à se procurer des armes pour résister aux troupes qui entouraient la ville, et que l'on disait destinées à l'exécution d'un projet désastreux. — (6) Dès le 17 juin 1789, l'assemblée des communes s'était constituée en assemblée nationale. Pane?, franc., 1.45.