NUIT DU 4 AOUT
prouve combien les temps étaient changés. Toute résistance de la part des magistrats était désormais impossible. Leur rôle politique était terminé et ils n'allaient pas tarder à être supprimés (^).
Les événements se précipitaient. Dans la mémorable séance de nuit du 4 août, « où tout le monde était magnétisé ^2^, » lorsque la noblesse, le clergé et les pays d'Etat eurent spontanément accompli leur premier sacrifice à l'égalité en faisant l'abandon de leurs privilèges, les justices seigneuriales, l'hérédité des offices de magistrature et la vénalité des charges, furent abolies par l'Assemblée nationale, qui décerna en même temps à Louis XVI le titre de Restaurateur de la lihe^^té française^^K Une médaille fut frappée pour conserver ce souvenir qui devait être si promptement oublié. Désormais l'unité de la France et l'affranchissement des personnes et du territoire étaient assurés. Quoique considérables, ces réformes ne suffisaient pas. Parmi les motions importantes faites dans la nuit du 4 août, l'une d'elles avait pour objet la suppression immédiate des Parlements (-^^ Elle ne fut pas accueillie; mais quelques mois plus tard l'organisation judiciaire allait disparaître entièrement, ainsi que toutes les institutions de l'ancienne monarchie.
(1) Les autres compagnies de Paris députèrent vers l'Assemblée nationale, et les députés de la Cour des aides dirent : « Messeigneurs, la Cour ne vient point vous offrir ses lumières et ses services, elle attend les ordres de cette auguste Assemblée. » Introd. au Mon. univ., 83. — (2) C'était à qui ferait le plus de sacrifices ; tout le monde était magnétisé. Lettre de M°° Elisabeth à M"" de Bombelles, du 5 août 1789. — Feuillet de Couches, Lettre de Louis X VI, 1.247.
— L'Assemblée était dans un tourbillon électrique , et les commotions se succédaient sans intervalles. Corresp. de Mirabeau avec Lamarck, 1.101. — (3) Mignet, Hist. de la Révol. frafnç., 1.94. — Hist. de la Révol. franc., 1.40.
— Ce titre fut décerné à Louis XVI sur la proposition de Lally Tollendal, qui avait compris le besoin de rattacher la Révolution au roi. Laurentie, i/is^. des ducs d'Orléans, 4.113. — Bailly , Mémoires, 2.217. — (4) Droz, Hist. de Louis XVI, 2.309.