RÉVOLUTIONNAIRE
Avec le mois de septembre 1789, commencèrent, pour les Parlements, les vacances qui ne devaient pas finir. Cependant, les circonstances devenaient de plus en plus graves. Necker avait révélé le déplorable état des finances, et des désordres alarmants avaient éclaté sur divers points de la France. Vers la fin du même mois de septembre, Mirabeau, dont la perspicacité lui faisait prévoir les affreux événements des 5 et 6 octobre, disait, en parlant de la cour : « A quoi donc pensent ces gens-là ? « Ne voient-ils pas les abîmes qui se creusent sous leurs « pas ! » Une fois même, il s'écria : « Tout est perdu, le « roi et la reine y périront, et vous verrez la populace « battre leurs cadavres*^). » Prophéties sinistres qui ne devaient que trop se réaliser.
La Révolution marchait rapidement, et nul crime ne l'arrêtait pour faire table rase de toutes les institutions de l'antique monarchie. Après l'attaque de Versailles '^^ par la populace de Paris, manquant de pain et surexcitée par les menées factieuses des révolutionnaires, plus en-
(1) Corresp. de Mirabeau anec de Lamarck^ 1.112, — (2) Journées des 5 et 6 octobre 1789.