‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 246 sur 288 · LOUIS XVI RAMENÉ A PARIS · texte numérisé non relu

LOUIS XVI RAMENÉ A PARIS

core que par les imprudences d'une scène qui avait suivi un repas des gardes-du-corps dans l'Orangerie de Versailles, Louis XVI et sa famille furent ramenés à Paris par l'émeute triomphante. Pendant la route, des chants obscènes et des cris révolutionnaires se firent entendre. Le cri : A bas les Parlements! retentit plus haut, plus bruyamment qu'aucun autre ^-^^ et les femmes^ en entrant dans Paris, annoncèrent d'une manière outrageante pour la famille royale que la disette était conjurée (^^. Conduit à l'Hôtel-de-Ville, Louis XVI dit aux représentants de la commune : « C'est toujours avec plaisir et confiance que « je me vois au milieu des habitants de ma bonne ville « de Paris. » Le maire Bailly rapporta ces paroles aux personnes qui n'avaient pu les entendre, mais il oublia le mot confiance. « Ajoutez avec confiance, » dit vivement et à haute voix la reine. « Messieurs, reprit Bailly, vous « êtes plus heureux que si je l'avais prononcé moi- « même''^'. » Les applaudissements et les acclamations éclatèrent alors, et la famille royale fut s'installer dans le palais des Tuileries, qui n'avait pas été habité depuis un siècle. Le lendemain, le roi fit publier, à son de trompe, « que son intention était de fixer dans sa capitale « son séjour le plus habituel. » Les Parisiens accueillirent cette nouvelle avec des transports de joie, et une foule immense se pressa dans le jardin des Tuileries pour acclamer Louis XVI.

Le Parlement et tous les corps constitués se rendirent au palais des Tuileries, pour offrir au roi l'expression de leur fidélité. « Sire, dit le premier président, Bochard de « Saron, votre bonne ville de Paris a déjà témoigné, par

(1) Mém. de Rivarol, 2S2. — Floquet, Hist. du Pari, de Normandie, 7.663. — (2) Elles crièrent aux personnes que cet étrange spectacle attirait : « Victoire, citoyens ! le pain ne vous manquera plus, nous amenons le boulanger, la boulangère etle petit mitron. » — Mém. de Rirarol, 322. — Dareste, Hist. de Fr., 7.204. — (3) Thiers, Hist. de la révol. franc.., 1.54.

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