‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 251 sur 288 · MIRABEAU · texte numérisé non relu

MIRABEAU

Ce coup porté aux Parlements était l'avant-coureur de leur ruine totale. Dans un de ces conciliabules dont une haine profonde et implacable de l'ancien régime inspirait toutes les résolutions, Mirabeau avait dit : « Ils sont en « vacances, eli bien! qu'ils y restent, pour n'en plus sor- « tir; ils passeront, sans qu'on s'en aperçoive, de la vie à « la mort(i>. » Ils étaient déjà morts, en effet, dans l'opinion publique ^2), et Lametli, en sortant de la séance de l'Assemblée dans laquelle il avait fait sa motion contre eux, put dire : « Nous les avons enterrés tout vivants <3). » Cette chute, si soudaine, si profonde, s'expliquerait mal, si l'on ne tenait compte de ce double fait, que les Parlements n'avaient pu encourager le déchaînement de l'opinion publique sans la subir eux-mêmes, ni mettre en discussion le pouvoir de la couronne, sans y mettre le leur propre. En outre, ils ne pouvaient plus avoir la prétention de représenter, même indirectement, les droits anciens de la nation, depuis que la représentation directe et permanente de ses droits se trouvait consacrée par l'existence d'une Assemblée saluée souveraine <■*', dont ils avaient été les premiers à réclamer la convocation.

Les Chambres des vacations furent maintenues provisoirement, et chargées de la connaissance de tous les procès jusqu'à la nouvelle organisation judiciaire. Malgré les démembrements successifs qu'il avait subis, le Parlement de Paris comprenait encore dans son ressort, en 1789, Paris, la Champagne, la Brie, l'Ile-de-France, la Picardie, le Maine-et-Perche, l'Anjou, laTouraine, le Poitou, l'Aunis, l'Angoumois, la Beauce, l'Orléanais, la Sologne, le Berry, le Nivernais, le Lyonnais, le Forez, le Beaujo-

(l) Mon. univ. 1789, p. 338. — (2) Desmaze, Le Pari, de Paris, 342. — Mem. de l'abbé Georrjel, 3.167. — (3) Le roi ne s'opposa pas à cette destruction des Parlements, dont l'intervention aurait pu lui être utile. — Droz, Hist, du règne de Louis XVI, 3.140. — (4) Louis Blanc, Hist. de la révol. fr., 3.368.

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