CHAMBRE DES VACATIONS
lais, l'Auvergne, le Bourbonnais, la Marche, le Maçonnais, l'Auxerrois, Bar-sur-Seine et la vicomte de Dunkerque, c'est-à-dire les deux cinquièmes de la France.
La plupart des Chambres des vacations, dont la tâche devenait si lourde, eurent la pensée de protester hautement contre le décret de l'Assemblée nationale. Celle du Parlement de Paris y renonça, sur l'observation du garde des sceaux Champion de Cicé, qui fit valoir la position du roi, et évoqua le souvenir des journées d'octobre. La Chambre des vacations se borna à rédiger, le 5 novembre, une protestation digne et ferme, que signèrent le président Le Peletier de Rosambo et treize conseillers présents. Cette protestation était ainsi conçue : « Délibérant « ladite Chambre sur la manière d'exécuter, autant qu'il « est en elle , ladite déclaration , persistant dans les « sentiments qui ont toujours animé les magistrats de « la Cour, et qu'ils ont exprimés en toute occasion, et « notamment par les remontrances du 7 mai 1784, « arrête que, dès a 'présent^ elle rendra gratuitement « la justice aux sujets du roi, en redoublant de zèle « et d'efforts pour que le cours n^en soit pas interrom- « pu. » Le président Le Peletier de Rosambo fut constitué dépositaire de cette protestation , destinée à demeurer secrète en attendant des jours meilleurs, qui ne devaient pas venir.
Les membres de la Chambre des vacations du Parlement de Paris, en se dépouillant eux-mêmes de tout ce qui pouvait les indemniser de leurs rudes labeurs, donnaient une nouvelle preuve de leur dévoûment à la justice, à laquelle ils avaient consacré leur vie. Ce dernier trait de désintéressement de leur part ne saurait être omis par l'histoire.
La soumission apparente du Parlement de Paris fit croire que les Parlements de province obéiraient san§