CHAMBRE DES VACATIONS DU PARLEMENT DE PARIS
mois de mars 1790, elle fut invitée par la municipalité triomphante, qui désirait l'écraser par sa splendeur d'hier, à assister à une procession annuelle, en mémoire de la réduction de Paris par Henri IV, en 1594. La Chambre des vacations refusa, en disant que « le Parleraent 'it' étant pas assemblé, elle ne pouvait se distraire du seul objet pour lequel elle avait été continuée : rendre la justice aux sujets du roi*^'. »
Quelques mois plus tard, elle se réunit une dernière fois en conseil secret pour décider si, suivant l'usage, elle se rendrait à la cérémonie commémorative du vœu de Louis XIII ^2^. Malgré l'invitation pressante de Baillj '3' , au nom de la commune de Paris, la Chambre des vacations résolut d'attendre les ordres du roi, « le Parlement « n'étant point rassemblé, et la Chambre ayant été proro- « gée pour s'occuper uniquement du devoir de rendre la « justice <^"*'. » Le refus des magistrats de la Chambre des vacations de prendre part à une cérémonie qui rappelait une tradition vénérée, et leur persistance à déclarer « qu'ils n'avaient aucune mission pour représenter le Parlement » ne pouvaient qu'indisposer contre eux l'opinion publique et hâter leur suppression.
Le Parlement touchait à ses derniersjours; par la force des choses, il devait disparaître avec l'ancien régime. L'Assemblée constituante, à laquelle la France avait remis
(1) 15 mars 1790. Journ. général de la Cour et de la ville, 1790, u' lxxiv. — (2) Floquet, Hist. du Pari, de Normandie, 7.657. — (3) « Paris, 13 août 1790, Messieurs, lorsque la municipalité a arrêté qu'elle assisterait à la procession qui a lieu le 15 août, pour consacrer le vœu de Louis XUI, elle n'a pas pu oublier que la pompe de cette solennité était augmentée par l'honneur de votre présence et remplit une obligation bien précieuse pour elle en vous invitant à vous rendre à l'heure accoutumée, le 15 de ce mois, en l'église de Notre-Dame. Elle ne manquera pas de vous donner, suivant l'usage, un nombre suffisant de gardes de la ville pour vous accompagner.
» Je suis avec respect, Messieurs, votre très-humble et très-obéissant serviteur, Bailly. » Arch. nat., Cons. sec, X. 6. c. 8991.
(4) Le 14 août 1790. Arch. nat., Cons. sec, X. 16. c. S991.