‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 33 sur 288 · ARRÊT DU CONSEIL CONTRE DES AVOCATS · texte numérisé non relu

ARRÊT DU CONSEIL CONTRE DES AVOCATS

signataires do la consultation à se rétracter. Cet arrêt, dans lequel on reconnaissait « la main souveraine du chancelier d'Aguesseau, l'élévation de ses pensées et la dignité de son style ^^>, » faisait amplement ressortir que, dans cette consultation, on ne craignait pas d'avancer que, suivant les Constitutions du royaume, les Parlements étaient le Sénat de la nation; que personne n'était juge au-dessus des arrêts des Parlements ; que les lois étaient de véritables conventions entre ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés , maxime qui ne serait pas approuvée dans les Républiques mêmes, mais qui était absolument intolérable dans une monarchie, puisqu'en dépouillant le souverain de la plus auguste de ses qualités, qui est celle de législateur, elle le réduit à ne pouvoir traiter que d'égal à égal, sous forme de contrat, avec ses sujets, et l'expose par conséquent à recevoir la loi de ceux mêmes à qui il doit la donner.

Le corps entier des avocats de Paris se sentit atteint par cet arrêt. Il rédigea '^^ une protestation très-digne, trèsferme, et cessa le service des audiences. Le cours de la justice se trouva ainsi interrompu jusqu'à ce que l'ordre des avocats eut obtenu la satisfaction qu'il avait demandée. Un arrêt du Conseil, du 25 novembre 1730, accueillit sa protestation et déclara bons et fidèles sujets les signataires de la consultation des quarante ^'"^^ Ce fut vers cette époque, d'après Voltaire, que le corps des avocats, trouvant le terme de corps trop commun, prit la qualification d'ordre^-**, mais elle remonte à une époque bien antérieure.

(1) Journ. de Marais, 4. 176. — (.2) Les avocats Aubry et Cochin furent chargés de ce travail. Journ. de Barbier, 2.132. — (3) Journ. de Barbier, 2.136. — (4) C'est là un anachronisme de la part de Voltaire, qui a été relevé par l'auteur de l'Hist. des avocats au Parlement. Le titre d'ordre des avocats remonte au xiv' siècle. Fournel, jEfis^. des avocats, 1.278. — Tocqueville, Hist. philosoph. du règne de Louis X V, reproduit l'anachronisme de Voltaire, 1.358.

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