‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 4 sur 288 · AUTORITÉ ILLIMITÉE DU RÉGENT · texte numérisé non relu

AUTORITÉ ILLIMITÉE DU RÉGENT

furent si brillants, si acclamés, ne tarda pas à s'aliéner l'opinion publique en se livrant k tous les excès et à toutes les témérités. Pour briser toute résistance, il ne tarda pas à retirer au Parlement son droit de remontrance dès que cette Cour voulut en faire un libre usa-ge, et il supprima les Conseils particuliers, où il trouvait quelquefois des opinions contraires aux siennes, pour revenir aux secrétaires d'Etat. Dès ce moment, l'autorité du régent ne fut plus limitée.

L'État des finances était déplorable. Louis XIV avait laissé une dette énorme, elle s'élevait à plus de deux milliards ^^'. Tous les services publics étaient en souffrance, tous les paiements de l'Etat en retard. Le régent n'était pas homme à combler la dette nationale par la réduction des dépenses. On eut alors recours à des moyens de toute sorte et d'une moralité plus que douteuse pour se procurer des ressources. Saint-Simon proposa la banqueroute comme la meilleure solution de tous les embarras légués par le règne précédent. Le duc de Noailles combattit cette odieuse mesure au sein du Conseil du gouvernement, et elle fut repoussée, bien plus parce qu'on la croyait dangereuse que parce qu'on Testimait déshonnête '^\ On réduisit les rentes et les pensions, on supprima un nombre considérable d'offices créés depuis vingt ans, on fit une refonte des monnaies et on établit une Chambre de justice pour juger les financiers concussionnaires. Des poursuites acerbes paralj'sèrent le crédit public, les affaires et le travail. Le Parlement, quoique mal disposé pour les financiers, contesta les décisions de la Chambre de justice, auxquelles les traitants échap-

(1) î^iillot, Hist. de Fr., 2.50. — De Tocqueville, Hist. phil. du règne de Louis XV, 1.86. — Thiers, Rés. de l'Hist. de Fr., 33. — Chéruel, Hist. de l'ad'in. depuis Philippe-Auguste, 2.434. — (2) De Carné, La régence et le re'gent. Rev. des Deux-Mondes, 1858, p. 548.

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