‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 42 sur 288 · DISSIDENCE ENTRE LE PREMIER PRÉSIDENT ET LE PARLEMENT · texte numérisé non relu

DISSIDENCE ENTRE LE PREMIER PRÉSIDENT ET LE PARLEMENT

président Le Pelletier, d'assembler les Chambres pour s'occuper de l'appel comme d'abus, interjeté par la nièce d'un chanoine janséniste, que le clergé de Douai n'avait point voulu laisser enterrer en terre sainte ^^-"j la Cour combattit la prétention de son chef, d'avoir seul le droit de permettre ou d'empêcher de délibérer, et le service des atidiences fut suspendu pendant trois semaines par cette querelle ^^K Un arrêt du 7 mars décida enfin « que la Cour continuerait de se conformer aux usages^ maximes et disciplines qui lui étaient propres, et notamment en ce qui concernait le droit et la liberté de délibérer, qu'elle avait toujours eus •^^•'. » Le Parlement fut ainsi maintenu dans ses anciens droits et reprit ses fonctions.

Quelques mois plus tard, le 29 juillet 1737, un conseiller au Parlement, Carré de Montgeron, devenu convulsionnaire outré, se rendit à Versailles, et présenta au roi un recueil des miracles qu^il prétendait avoir faits. Mis à la Bastille pour cette démarche, le Parlement envoya une députation au roi pour le réclamer ^^K Le roi répondit aux magistrats, qui faisaient valoir le privilège du Parlement déjuger ses membres : « J'ai voulu punir un manquement de respect qui m'est personnel ; si je veux aller plus loin, je vous ferai savoir mes intentions. » La démarche du Parlement n'eut d'autre résultat que ^de faire transférer le prisonnier à Avignon , et ensuite au Château de Valence*^' en Dauphiné, où il mourut fou. Les jansénistes s'émurent, ils virent dans ce malheureux un marljr de la

(1) Ses proches l'ensevelirent dans le jardin de sa maison, en tournant la tète du cadavre du côté de l'église. Par ordre du chapitre, le corps fut exhumé et placé en sens contraire, avec le visage contre terre. La nièce du défunt appela au Parlement; celui-ci voulut s'assembler, mais un arrêt du Conseil évoqua la plainte et l'affaire fut étouffée. Rocquain, L'Esprit révol. avant la RévoL, 92. Journ. de Barbier, 3.61. — (2) Le 15 février 1737. Journ. de Barbier, 3.60. — (3) Le 7 mars 1737. Journ. de Barbier, 3.76. — (4) Journ. de Barbier, 3.95. — (5) En 1754, Journ.de Barbier, 3.89. —Voltaire, Le Pari, de Paris, 318. — BouUée. Hist. de d'Aguesseau, 2.73. — Luynes, M^'m., 1.310.

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