SAINT VINCENT-DE-PAUL
foi, et le Parlement dut supprimer de nombreux écrits, dans lesquels on exhortait les magistrats à s'inspirer de son exemple '^^^.
Un dernier fait, qui se rattache à l'administration du cardinal Fleury, doit être rappelé. Au mois de janvier 1738, le Parlement s'opposa à la canonisation de Vincent-de-Paul, non, disait-il, qu'il ne rendît hommage à une mémoire justement vénérée, mais parce que le rédacteur de la bulle attribuait à la cour de Rome une autorité absolue dans les matières de foi, jusqu'à parler « de l'obéissance aveugle » due à ses décrets et « des peines rigoureuses que la puissance séculière ne pouvait trop déployer pour la faire exécuter <^*. » Le cardinal Fleury fit casser par le Conseil '^^ l'arrêt du Parlement, et Vincent-de-Paul fut canonisé. Dès cette époque, l'intervention du Parlement, dans les questions religieuses et les questions de finances, devint plus fréquente et plus hardie.
Le cardinal Fleury, chez qui la passion du pouvoir semblait s'accroître avec les années, ambitionnait la tiare. « Ceci, dit d'Argenson, explique quantité d'énigmes et, en particulier, la faveur de Fleury pour Tencin , auquel on sut plus tard qu'il avait remis le soin de son élection (-^^ » Clément XII étant mort au mois de février 1740, de Tencin, dont la promotion au rang de cardinal avait soulevé en France l'indignation générale et décrié le ministère, négocia si habilement à Rome, qti'à la fin dti mois de mai on s'attendait de moment en moment à recevoir la notification de l'élection du cardinal Fleury (^\ Elle
(1) Arrêt du Pari, du 4 janvier 1738. Rocquain, L'Esprit révoL, 94.— (2) Arrêt du Pari, du 4 janvier 1738. Rocquain, L'Esprit révol., 9d. —(3)Le 22 janv. 1738. Ane. lois, 22. — Journ. de Barbie)', 3.121. — Voltaire, Le Parlem. de Paris, 318. — (4) D'Argenson, Mém., 2.147.158. — (5) D'Argenson, Me'm., 3.82.