‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 45 sur 288 · MORT DE FLEURY · texte numérisé non relu

MORT DE FLEURY

même temps, sut faire à propos le sacrifice de la Silésie au roi de Prusse, qui oublia la parole donnée à la France ^^\ Cette défection en amena d'autres, et l'Angleterre, jalouse du prodigieux essor du commerce français, entra dans la lice. De cruels revers suivirent les débuts heureux de la campagne. Le cardinal Fleury, qui avait voulu la paix à tout prix, mourut alors, laissant la France avec une grande guerre qu'elle avait entreprise sans aucun intérêt direct à sauvegarder et pour protéger l'électeur de Bavière. Telle fut la fin du vieux cardinal, à qui la Providence prodigua toutes ses faveurs, excepté celle d'une mort opportune '^^^ Entré à propos aux affaires, il ne sut pas se retirer au bon moment (•'^). Ses dernières années gâtèrent son œuvre entière au lieu de la couronner. Loin d'exciter aucun regret, sa mort fut regardée comme un bienfait ^^', Le jour même où il expirait, ce mot courut Paris : « Le cardinal est mort, vive le roi'^^ »

(1) En commençant la guerre, Frédéric II avait dit à l'ambassadeur de France : « Je vais jouer votre jeu ; si les as me viennent nous partagerons. >> Mais après la victoire il n'en fit rien. — (2) De Carné , Le card. Fleury. Revue des Deux-Mondes, juillet 1858, 836. — Il mourut le 29 janv. 1743, dans sa 90' année. — (3) Aubertin, L'esprit public au xviii' siècle, 240. — (4; Voici l'épitaphe qui fut faite alors sur Fleury :

Son opulence et son éclat Se bornant au pouvoir suprême.

Si Fleury vécut pour lui-même, Il mourut pour l'Etat.

(5) Chronique du règne de Louis X V. 229.

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