CHAPITRE DIX-HUITIÈME
RÔLE DU PARLEMENT DANS LES QUESTIONS DE FINANCES ET DANS LES QUESTIONS RELIGIEUSES. — PROCÈS DES JÉSUITES
Après la mort du cardinal Fleiirj, il n'y eut plus de premier ministre. Louis XV, comme son bisaïeul, à la mort de Mazarin, prétendit gouverner par lui-même, mais il abandonna le gouvernement à ses favorites. Celle qui régnait en ce moment était la belle M""® de la Tournelle, à laquelle des lettres patentes conférèrent bientôt le titre de duchesse de Châteauroux, « comme très-chère compagne de la reine, dont elle était dame du palais, et ayant acquis une juste estime et une considération universelle par toutes les vertus et les plus excellentes qualités de l'esprit et du cœur^^). » Ces lettres, que le Parlement enregistra sans observation et que l'on cria impudemment dans les rues, excitèrent de vifs témoignages de désapprobation ^2). M™® de la Tournelle ne jouit pas longtemps des honneurs du tabouret, elle mourut peu après et fut bien vite oubliée.
La cour se livra aux fêtes et aux plaisirs. Les acquits de comptant, qui ne laissaient aucune trace de l'objet de la dépense, se multiplièrent au point de tenir le contrô-
(1) Les lettres patentes du 23 octobre 1743 furent enregistrées au Parlement le 27 janvier 1744. Jobez, La France sous Louis X V, 3.359. — {2) Journ. de Barbier, 3.485.