REFUS DE SACREMENT
et il se regardait comme une seconde puissance établie par les lois entre le monarque et ses sujets '^).
Quelques mois après, la question du refus des sacrements vint jeter de nouveau le trouble dans les esprits et provoquer une lutte du Parlement contre le clergé et la couronne. Le curé de Saint-Etienne-du-Mont, Bouettin, refusa la communion et Textrême-onction à un vieux prêtre nommé Le Mère, qui avait soutenu le parti des jansénistes. Le Parlement décréta, le 23 mars 1752^^', pour la seconde fois, d^ ajournement personnel le curé de Saint- Etienne-du-Mont, lui défendit de récidiver, le condamna à trois livres d'aumône pour le pain des pauvres, et invita l'archevêque de Paris à faire administrer les sacrements au sieur Le Mère, dans les vingt-quatre heures. Cet arrêt ayant été cassé'^' et Le Mère étant décédé sur ces entrefaites^^'sans avoir été administré, une grande fermentation se produisit dans Paris. « C'était, écrivait d'Argenson, une haine contre le roi et un mépris du gouvernement qui n'annonçaient que des choses funestes^-'^) . » Quatre mille personnes s'étaient rendues à l'enterrement de l'ancien recteur Coffin; il y en eut dix mille à celui de Le Mère'^). Ce n'est pas de nos jours, seulement, que les enterrements ont servi de prétexte aux manifestations politiques.
Le Parlement décréta, pour la troisième fois, le curé Bouettin de prise de corps et confisqua ses biens. Le 9 avril 1752, le roi manda le premier président et les présidents Mole et Gilbert, à Versailles, et leur dit : « Je vous ai mandés pour vous dire que j'ai cassé, par arrêt de mon Conseil, l'arrêt du Parlement du 28 mars dernier, qui décrète de prise de corps le curé de Saint-Etienne,
d)Journ. de Barbier, 5.133. —(2) Journ. de Barbier, 5.1*8. — (3jLe29 mars 1752. Martin, Histoire de Fr., 15.445. — Journ. de Barbier, 5.586. — (4) Le 28 mars 1752. Journal de Barbier, 1.185. — (5) D'Argenson, Mém., 7.168. — (6^ Rocquain, L'Esprit re'vol. avant la Re'vol., 154.