LA SORBONNE RÉPRIMANDÉE PAR LE PARLEMENT
traires aux maximes du royaume, fut réprimandée par le Parlement et contrainte, par un arrêt, de continuer ses leçons qu'elle avait cru devoir interrompre '^\ La résistance était partout, le Parlement avait donné l'exemple, et la Sorbonne refusa d'enregistrer son arrêt. Le Parlement manda devant lui le doyen, le syndic, le grandmaître, les professeurs de la Sorbonne, et fit inscrire en leur présence son arrêt surles registres <2' de la Sorbonne. Cet enregistrement forcé mit fin à la résistance de la Sorbonne, et les leçons recommencèrent.
Une autre lutte non moins vive entre le Parlement et la couronne s'éleva à cette époque. Les finances étaient obérées et la guerre de Sept Ans nécessitait de grands sacrifices, Louis XV, n'osant se débarrasser brusquement de l'intervention du Parlement, résolut, dès cette époque, de la restreindre. Une déclaration royale du 10 octobre 1755*3' avait étendu la juridiction du Grand-Conseil sur tout le royaume et lui avait attribué le droit , qui appartenait au seul Parlement, d'intimer ses ordres aux tribunaux inférieurs. A Paris et dans les provinces on prit l'alarme, et ce ne fut qu'un cri sur tous les points du royaume. Le Parlement de Paris opposa les plus vives remontrances à cette déclaration qui renversait la hiérarchie ^^^ en donnant un pouvoir absolu au Conseil sur toutes les juridictions du rovaume et en le dispensant de l'envoi, par les Parlements, de ses arrêts aux bailliages et sénéchaussées.
Les remontrances du Parlement de Paris se terminaient ainsi : « Daignez proscrire à jamais. Sire, nous osons le demander au nom de la fidélité la plus inviolable.
(1) Voltaire, Le Parlement de Paris, 334. — Journ. de Barbier, 6.317. — (2) De Tocqueville, Hist. phil. du règne de Louis X V, 2.125. — (3) Journ. de Barbier, 6.205, — (4) De Sismondi , Hist. des Fr., 29.99. — Journal de Barbier, 6.221.