KDIT DE SUPPRESSION DES JÉSUITES
ordonnait la suppression en France de la société des jésuites : « Il sera plaisant de voir en abbé le P. Pérusseau<^^\ » Ajoutons que Louis XV, justement épouvanté de la fermentation des esprits, voulut rétablir, dans l'Eglise et l'Etat, la paix depuis quatre ans perdue, et mettre enfin un terme à toutes les divisions religieuses et politiques du royaume.
Un édit du mois de novembre 1764 ordonna en ces termes l'entière suppression en France de la société de Jésus : « Voulons et nous plaît qu'à l'avenir la société des jésuites n'ait plus lieu dans notre royaume, pays, terres et seigneuries de notre obéissance; permettant néanmoins à ceux qtii étaient dans ladite société de vivre en particulier dans nos Etats, sous l'atitorité spirituelle des ordinaires des lieux, en se conformant aux lois dti royaume et se comportant en toutes choses comme nos bons et fidèles sujets ^^'. » Lotiis XV les sacrifiait non à l'iionneur de sa couronne, mais à son repos ^3' et à sa méfiance envers l'héritier du trône, dont les jésuites avaient réclamé la protection avec plus d'éclat que de prudence *"^\
Le Parlement ajouta aux rigueurs de cet édit*^^^> en assujettissant les membres de la société dissottte des jésuites à résider dans le diocèse de leur naissance, et à se présenter tous les six mois devant le substitut du procureur général aux bailliages et sénéchaussées, et en leur défendant d'approcher de Paris de plus de dix lieues. Privés des bé-
(1) De Lacre telle, /Tw^ de Fr. au xviir siècle, i.32. — Guizoî, Hist. de Fr. rac, 5.200. — (2) Gilbert de Voisins, Procéd. contre les je'suites, Ziô. — Ane, lois, 22.424. — Flassan, Hist. de la diplotn., 5.42S. — (3) « La faiblesse seule lui a arraché (à Louis XV) un consentement auquel son inaction naturelle répugnait. » Docu. concer, la coinp. de Jésus, 1.36. — (4* << Les historiens du xviu' siècle, dit M. de Carné, n'ont pas fait une part suffisante à ce sentiment, mobile décisif de la conduite de Louis XV. Durant tout le cours de son régne, la méfianc? envers l'héritier de sa couronne fut en effet aussi persistante qu'elle était certainement injuste. » Minist. de Choiseul, Revue iles Deux-Mondes^ janvier 1859, p. 851. — (5) Le 1" décembre 1764. Ane. lois, 22.424.