RÉSIDENCE OBLIGÉE DES JÉSUITES
néfices que leur procurait l'éducation de la jeunesse, et dépouillés de leurs biens, les ci-devant jésuites furent astreints à une résidence obligée, qui ressemblait fort à la surveillance de la haute police à laquelle sont soumis, de nos jours, les malfaiteurs les plus dangereux. « Tous les services qu'avaient rendus les jésuites, dit M. Guizot, à la cause de la religion et de la civilisation parurent eîfacés ou oubliés, leurs grandes entreprises missionnaires^, leurs fondations et leurs innombrables martyrs, pour mettre uniquement au jour leur insatiable ambition , leur soif du pouvoir , leurs faciles accommodements avec les passions nouvelles condamnées par la foi chrétienne (^'. »
L'édit du mois de novembre 1764 et l'arrêt du V septembre de la même année, ne furent pas les derniers actes importants relatifs aux querelles religieuses qui agitèrent tant le xviii^ siècle. Clément XIII apprit avec une profonde douleur la nouvelle du coup qui venait de frapper les jésuites en France. Il voulut faire un dernier et solennel effort en letir faveur. Par la constitution, devenue depuis célèbre, Apostolicuni jus cordi^^\ il confirma de nouveau l'institut de la société de Jésus et disculpa les jéstiites de toutes les calomnies atixquelles ils étaient en butte en France et en Portugal. « Cette constitution, dit Theiner, que les amis modérés des jésuites à Rome, et Torrigiani, Cavalchini , Galli et Rezzonico eux-mêmes réputaient inopportune , plus nuisible qu'utile , provoqua contre la compagnie de Jésus une tempête plus violente encore '^\ »
Par un arrêt du 15 février 1765*^"'), le Parlement de Paris se contenta de défendre la publication, dans tout le royaume, de cette constitution qui réveilla dans d'autres pays les haines mal assottpies contre les jésuites. Dettx ans
(1) Guizot, Hist. de Fr. rac, 5.196. — (2) Du 7 janvier 1765. Theiaer, Hist. du pont, de Clément XIV, 1.156. — (3.) Theiner, Hist. du pont, de Clément XIV, 1.57. — (4) Theiner, Hist. dii'pont. de Clément XIV. 1.60.