ARRÊT CONTRE VARENNE
secrétaire des élus, furent combattues avec aigreur par le Parlement, qui menaça de cesser son service si la transaction avec les élus n'était annulée. La cour tint ferme et le Parlement enregistra l'édit; mais il déclara, le 7 juin 1762, « que le mémoire de Varenne était pernicieux et attentatoire aux droits de la couronne et aux lois fondamentales de l'Etat sur les solennités indispensables aux édits portant impôts, »
Cet arrêt fut cassé par le Grand-Conseil, et le Parlement de Paris évoqua l'affaire, mais le roi fît grâce, par des lettres d'abolition, à Varenne, des poursuites intentées contre lui. Lorsque Varenne se présenta devant la Cour des aides de Paris, le premier président de Malesherbes lui adressa ces paroles sévères: « Varenne, le roi vous accorde des lettres de grâce, la Cour les entérine ; retirez-vous, la peine vous est remise, mais le crime vous reste ^i\ » Telle fut la solution de cette affaire, qui était une levée de boucliers contre les Cours souveraines. Les ministres l'avaient favorisée, parce qu'elle leur offrait le moj-en de se débarrasser du contrôle des Parlements dans l'enregistrement des édits bursaux. A^arenne, qui en avait été le principal instigateur, fut récompensé par des honneurs et des pensions, La lutte était définitivement engagée entre la royauté et le Parlement, et elle devait être funeste aux magistrats.
(1) Le 25 août 1761, enregistré le 29 du même mois. De Lacuisine, Le Pari, de Bourgogne, 2,408.