‹ Aperçu historique sur le Parlement de ParisChapitre 97 sur 288 · REMONTRANCES DE LA COUR DES AIDES · texte numérisé non relu

REMONTRANCES DE LA COUR DES AIDES

la main qui les lui portait. Qu'il lui était réservé alors de voir des sujets se placer entre le roi et les ministres essentiels de la justice souveraine, ceindre pour ainsi dire le bandeau royal et supprimer la puissance du monarque'-*. » Les remontrances de la Cour des aides accompagnèrent celles du Parlement de Paris. Son premier président, de Malesherbes, présenta un tableau saisissant du désordre de la perception des aides et du mélange d'anarchie et de tyrannie qui caractérisait l'administration des finances. Il montra les honteux secrets de cette administration, dérobés par tous les moyens à la connaissance des Cours supérieures et de tous les corps réguliers. Il ajouta : « Que si l'on osait accuser d'exagération la peinture tant de fois présentée de la misère qui accablait les campagnes sous le régime arbitraire, les Cours suppliejmient le roi cVécouter ses i^euples eux-mêmes, par la voix de leurs députés, dans une convocation des Etats généraux du royaume'^^. » C'était le premier appel aux Etats généraux de 1789.

Le roi, ébranlé par ces remontrances, donna, le 20 janvier 1764, des lettres-patentes par lesquelles il déclara « qu'il n'avait jamais eu d'autre intention que de régner par l'observation des lois et des formes sagement établies dans son royaume, et de conserver, à ceux qui en sont les dépositaires et les ministres, la liberté des fonctions qu'elles leur assurent. » Puis, confirmant sa déclaration du 21 novembre, sur les recherches qu'il ordonnait de faire pour la réforme des finances, il imposa un silence absolu sur tout ce qui s'était passé jusqu'alors, relativement aux objets qui avaient donné lieu à cette déclaration '3' . Le duc de Fitz- James fut ensuite rappelé, ainsi que le duc d'Harcourt et le marquis du Mesnil, et les Parlements de

(1) Mercure hist., janv. 1764, p. 22 à 37. — (2) Martin, Eist. de Fr., 16.227. — (3) De Sismondi, Hist. des Fr., 29.347.

Page 1