IL — SABOTERIE
De même que la cordonnerie, la saboterie mérite une attention toute particulière. Depuis longtemps, le sabot a cessé d’être à Limoges celte lourde masse formée d’un bois à peine dégrossi, où le pied ne s’enfonce qu’à la condition d etre entouré de paille ou d’un épais chausson. C’est une chaussure élégante, bien cambrée , que la jeune fille comme la vieille femme , le citadin comme le campagnard , peuvent porter impunément sur le pavé des villes et dans la boue des champs, dans la maison bourgeoise et dans la chaumière.
Déjà, à l’exposition de 1844, on constatait avec justice les progrès que les sabotiers avaient faits depuis quelques années. A cette époque, le chiffre annuel de la fabrication était d’environ 200,000 fr. Aujourd’hui il s’élève à 850,000 fr., et nos industriels emploient près de trois cents ouvriers.
Plus heureuse que la cordonnerie , la saboterie peut largement s’approvisionner à Limoges, où elle trouve à bon marché d’excelleuts cuirs pour dessus de galoches. Elle arrive ainsi à confectionner ses ar-