‹ Aperçu statistique de l'Exposition de Limoges en 1855Chapitre 6 sur 58 · M. LES. VIE · texte numérisé non relu

M. LES. VIE

» style chinois, sont en porcelaine dure à pâte kao- » linique, à couverte feldspalhique , cuites , pâte et » couverte simultanément, au grand feu. Des es- » sais récents, faits à la manufacture de Sèvres, ont » montré que l’harmonie si séduisante des peintures » sur les porcelaines de la Chine dépendait du petit » nombre de couleurs employées par les Chinois, et » de l’épaisseur qu’ils étaient forcés de leur donner » pour produire des teintes d’une grande intensité.

» Les Chinois n’emploient que des émaux pour » décorer leurs porcelaines, qui, cuites à une tem- » pérature moins élevée que la nôtre, se prêtent » parfaitement bien à ce genre de décoration ; les » porcelaines françaises, au contraire, porcelaines à » couverte feldspathique , se prêtent très difficilement » à l’application des émaux. C’est cette difficulté » que M. Lesme est parvenu à vaincre. Sa porcelaine » est une porcelaine française , et l’on comprend » aisément combien il a été difficile de trouver une )> composition d’émaux qui puissent être appliqués » sur la couverte de la porcelaine dure; combien il a » fallu de tâtonnements pour déterminer la tempéra- » tare convenable pour cuire ces émaux.

» Les poteries décorées dans le genre de Bernard » Palissy rappellent parfaitement ce que l’immortel » émailleur appelait ses Rustiques . Le procédé par » lequel M. Lesme est arrivé à ce résultat est très » remarquable. Ces objets sont en porcelaine dure,

LA PORCELAINE

» cuite eu biscuit; mais, au lieu d’appliquer sur ce » biscuit la couverte ordinaire des porcelaines dures , » M. Lesme le recouvre d’une glaçure tendre, à base » d’oxide de plomb , analogue à celle dont on re- » couvre la porcelaine tendre. Les couleurs sont pro- » duites par des émaux qui sont en petit nombre, » et les mêmes que pour la porcelaine chinoise.

» Les produits de M. Lesme ne sont pas moins re- » marquables sous le rapport artistique que sous le » rapport de leur fabrication. Fidèle au grand mo- » dèle qu’il s’était choisi, M. Lesme a, comme Ber- » nard Palissy, demandé à la nature elle-même ses » formes les plus élégantes ; tous les sujets qui dé- » corent ses poteries , reptiles , poissons , feuilles , » fruits, tous ont été moulés sur nature. L’arrange- » ment et la reproduction des couleurs ne laissent » rien à désirer; leur vivacité, leur pureté font des » poteries de M. Lesme des objets d’art qui peuvent, » dans les collections des amateurs , prendre à côté » des faïences si recherchées de Bernard Palissy, une » place honorable. »

Nous n’aurions rien à ajouter à cet éloge si complet, décerné par un prince de la science, si, depuis qu’il a été écrit , M. Lesme n’avait trouvé un procédé nouveau pour décorer la porcelaine. Sur un objet en biscuit, il peint un sujet monochrome, il recouvre l’objet d’un émail coloré et translucide, découvert par lui et fusible à basse température. Alors toute peinture disparaît; mais, dans la mouffle et sous

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