ANNÉES, TOTAL DES NAISSANCES. TOTAL DES DÉCÈS. EXCÉDANT
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à L' ACCROISSEMENT DE LA POPULATION.
Ces chiffres se rapportent non-seulement à la Russie d'Europe, mais encore à la Sibérie (à l'exception des provinces des kirghiz) et à une partie du Caucase (sans les territoires des Tscherkesses et sans les pays annexés au gouvernement de Koutaiss, Abkhasie, Imérétie, Svanétie, etc.). Pour calculer la valeur exacte de ces chiffres, il faudrait avoir le chiffre de la population absolue pour chaque année, rectifié d'après les méêmes principes qui oht servi à calculer les naissances et les décès. Ces chiffres nous manquent, et c’est pour cette raison que nous sommes obligés de nous tenir aux deux années 1858 et 1863, les seules pour lesquelles nous possédons des renseignements assez exacts. En 1858, la population de la Russie d'Europe était de 59.330.752 âmes. Les naissances et les décès étaient de 2.896.950 et de 2.038.817, ce qui donne un excédant de 858.033. En 1863, la population était de 61.325.000 ; les naissances et Les décès de 3.044.991 et de 2.308.415, soit un excédant de 736.576. Donc, en 1858, l'accroissement était de 1,44 sur 100, eten 1863 il était de 1,20. La différence s'explique, si l’on prend en considération que les années 1857 et 1858 étaient des années anormales et que, d’après les lois de la statistique, les naissances devaient se multiplier par suite des pertes essuyées pendant la guerre précédente, Aussi, depuis 1859 le chiffre des naissances baisse. L'année 1863 est une année régulière et nous pouvons accepter le chiffre 1,20 comme l'expression de l'accroissement moyen de la population en Russie. Par conséquent, l'accroissement est très-considérable et promet à la population de la Russie un développement sûr et rapide. Mais en même temps cet accroissement, comme toute croissance dépassant les bornes ordinaires, se fait nécessairement aux frais du présent et au détriment de la géné-
ration actuelle. C'est grâce à cette croissance excessive, grâce au renouvellement continuel des générations, que la proportion des âges productifs dans la population ne s'améliore que lentement, et que la durée de la vie moyenne est si petite. Il est facile de se convaincre de l'exactitude de ce fait en jetant un coup d'œil sur l’accroissement de la population par gouvernements, qui suit strictement les mêmes lois que nous avons signalées en parlant des naissances et de la mortalité. Ce sont encore les gouvernements de la Nouvelle Russie et du bas Volga (Ssamara, Ssaratoff, Ssimbirsk) ainsi que quelques gouvernements agricoles au sud-est de Moscou (Riasan, Tamboff), qui présentent le maximum de l'accroissement (1,50). Dans les gouvernements baltiques, les gouvernements de l’ouest et la Petite Russie, où le nombre des naissances et des décès est moins fort, l’accroissement est d'environ 1 ?/,. Le nord de la Russie présente un accroissement régulier, mais très-lent. Restent les gouvernements du nord-est (Perm, Viatka, Orenbourg), qui présentent tantôt un accroissement très-fort, tantôt un déficit, et qui en général sont sujets à des fluctuations continuelles.
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