À VU
La culture de la betterave est surtout répandue dans les gouvernements de la Petite Russie, de Kieff, de Podolie, Tschernigoff, Kharkow, Poltawa et dans ceux de Koursk, Toula, Kalouga, Orël et Tamboff. Dans les derniers temps, cette culture a pénétré dans plusieurs gouvernements de l’ouest, et dans les gouvernements du Volga. En 1860, on comptait dans ces gouvernements 56.158 dessiatines affectées exclusivement à la culture de la betterave ; mais ce chiffre nese rapporte qu'à la grande culture, puisque dans la même année, à juger d’après la quantité de racines employées à la fabrication du sucre, la petite culture (celle des paysans) consacrait au moins 30.000 dessiatines au même but, Depuis ce temps, la culture doit avoir augmenté, ce qui nous porte à croire que les plantations de la betterave occupent au moins 100.000 dessiatines (109.000 hectares), sans compter les gouvernements du nord, du nord-est et la plus grande partie du centre, où la betterave ne figure que comme légume. La récolte officielle avait été, en 1860, de 42.186.140 pouds (7.031.023 quintaux à 244 livres de Russie). En ajoutant
une quantité de 22.581.290 pouds (3.763.548 quintaux) fournis aux fabriques de sucre par la petite culture, on arrive à un total de 64.760.000 pouds (10.793.000 quintaux) qui présentent une valeur de 5.500.000 roubles (22.000.000 de francs), en comptant le berkowetz (10 pouds) à 85 copecks. Cette valeur doit être augmentée à raison de l’accroissement que la culture de la betterave a suivi depuis 1860. Sur le total de la production, plus d'un tiers (plus de 20.000.000 de pouds) appartient au gouvernement de Kieff. Pour juger de la répartition de la production par gouvernements, il suffit de jeter un coup d'œil sur la table ci-dessus.
Fabrication du sucre de betterave. La fabrication du sucre indigène est soumise à l’accise et par conséquent il est assez facile d'en déterminer la valeur. Il faut seulement remarquer que les chiffres officiels sont au-dessous de la vérité, vu que la production, grâce à des perfectionnements techniques, a pu dépasser les normes d’après lesquelles l’accise est prélevée. Les chiffres officiels pour 1865 donnent un total de 3.300.000 pouds (555.000 quintaux); mais, d'après plusieurs indices assez sûrs, il faut compter au moins 4.500.000 pouds (733.000 quintaux). La fabrication du sucre s’est accrue continuellement depuis trente années. Le sucre brut indigène se vend à Kieff et à Kharkoff, au prix de fabrique, en moyenne à 5 roubles le poud (120 francs le quintal); à Moscou il coûte de 6 roubles 50 cop. à 7 roubles 25 cop. par poud; à Saint-Pétersbourg le prix est de 7 à 8 roubles. En ne comptant que 5 roubles par poud, la valeur totale de la fabrication serait de 22.000.000 de roubles (88 millions de francs).